La Nuit de Valognes

par

La Religieuse, autrefois Hortense de Hauteclaire

Des femmes victimes de Don Juan, la Religieuse est la plus maladroite, la moins fine, et la plus comique. Elle ne manque pas de provoquer le rire cruel de Don Juan : « celle-ci surtout est impayable. Vous avez eu raison de la déterrer. » Car en effet, Hortense de Hauteclaire s'est, sinon enterrée, du moins emmurée vivante en un couvent, à cause du chagrin causé par le libertin. Faute de pouvoir épouser Don Juan, elle a choisi d'épouser Dieu et elle est devenue sœur Bertille-des-Oiseaux.

Au début de la pièce, son habit religieux la pousse à jouer le rôle de modératrice dans cet aréopage féminin parfois agressif : « Mesdames, il faut nous comporter dignement pour mériter l'intérêt que nous témoigne la Duchesse. » Mais quand Don Juan paraît, elle vibre comme les autres au souvenir de leur étreinte.

La fin de la pièce la trouve totalement bouleversée et elle clame sa colère envers Dieu qui traite ses épouses – les religieuses – comme Don Juan traite ses maîtresses : « Dieu est un sacré cochon ! [...] Dieu de pardon ? C'est moi qui suis obligé de tout Lui pardonner : Ses silences, Ses absences, Son indifférence, ma claustration et mon ennui. Venez donc chez nous, dans le harem de l’Époux Céleste et vous verrez Ses vieilles favorites [...] Elles parlent de Dieu avec une tendresse de femmes battues et trompées toute leur vie. » Elle quitte la scène dans la colère et l'imprécation : « Dieu nous inspire de...

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