La Nuit de Valognes

par

La Duchesse de Vaubricourt

Aristocrate autrefois séduite par Don Juan, c'est la Duchesse de Vaubricourt qui tient le statut social le plus élevé des personnages de la pièce. Elle est la marraine d'Angélique de Chiffreville, séduite par Don Juan. C'est elle qui invite quatre autres femmes, elles aussi victimes du séducteur, afin de le mettre en procès et d'en obtenir une réparation, réparation qui sera aussi châtiment puisque la sentence est déjà prononcée : Don Juan devra épouser Angélique, sous peine de finir ses jours dans un cachot, grâce à une lettre de cachet en blanc en possession de Mme de Vaubricourt. Entre une prison morale et une prison de pierre, la Duchesse est certaine que le libertin choisira la première.

C'est elle qui, parmi les femmes présentes, a la plus grande hauteur de vue et perçoit le changement de personnalité de Don Juan. Cette lucidité lui vient sans doute de son expérience, puisqu'elle est la plus âgée. Elle ne veut pas d'une vengeance aveugle et comprend que punir l'homme qu'il est devenu serait insensé : « Observez ces épaules qui s’arrondissent – sous le poids de quoi ? Rien ne pèse sur le vrai Don Juan ! » Si Don Juan a changé, dit-elle, « Alors notre procès aussi a changé. On ne tire pas sur le gibier lorsqu'il est mort. » Elle préfère donc voir Don Juan partir plutôt que d'épouser de force sa filleule, les rendant ainsi tous deux malheureux. Le jour venant, quand la nuit prend fin, le monde apparaît dans sa réalité : complexe, et non pas manichéen : « À nos chandelles les profils étaient nets, les sentiments bien simples, les drames avaient des nœuds qu'on pouvait trancher ou défaire. Mais Don Juan rejoint le jour....

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Dissertation à propos de La Nuit de Valognes