Une saison blanche et sèche

par

Emily Ngubene

Elle est l’épouse de Gordon, la mère deJonathan. À la mort de son mari, elle suit les conseils de Ben du Toit qui lapousse à demander une enquête sur le décès de son mari en prison. Quand la courrend son verdict qui blanchit la police de tout soupçon, son désespoir lapousse à un geste qui serait anodin dans la plupart des pays du monde mais quiest à la limite de l’illégalité dans l’Afrique du Sud de 1977 : ellepleure sur l’épaule de Ben du Toit, qui l’étreint affectueusement. La photo dece contact physique affectueux entre une Noire et un Blanc est un objet descandale : aucune des deux communautés n’est prête à accepter ce genre demanifestation. André Brink ne dit rien de la réaction de la communauté noire àla parution de la photo dans la presse, mais il décrit en revanche ses effetsdévastateurs sur la vie de Ben du Toit.

Emily Ngubene est soutenue dans son deuil parStanley Makhaya, l’exubérant chauffeur de taxi. Mais même ce dernier ne peutrien quand Emily perd son dernier fils, âgé de seize ans, tué par unepatrouille à la frontière de pays. Elle se suicide fin décembre 1977, en sejetant sous un train.

Emily est l’incarnation de la populationnoire, pauvre, laborieuse, qui est condamnée au rôle de victime par sa seulenaissance. Elle n’a aucun espoir d’échapper à sa condition, aucune ascensionsociale ne lui est possible. Emily, comme les siens, est condamnée à souffrir,à pleurer, et à toujours être dans le camp des perdants. 

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