Une saison blanche et sèche

par

Stanley Makhaya

C'est un homme très grand, massif, qui porte des vêtements aux couleurs vives et dont le regard est souvent caché derrière les verres fumés de ses lunettes. Il exerce le métier de taxi clandestin, mais sa grosse Dodge sert probablement à d'autres trafics encore moins honnêtes, notamment la contrebande. Ce personnage fait le lien entre deux mondes : celui de la banlieue calme où vit Ben, d'une part, et celui de Soweto d'autre part. Il apparaît dans la vie de Ben du Toit, puis disparaît, puis réapparaît, à sa guise. Il ne semble obéir qu'à seule volonté, mais ce serait une erreur de croire cela.

Le rire tonitruant de ce personnage massif cache une grande douleur et une grande amertume. Contrairement à Ben du Toit au début du roman, Stanley a appris dans sa chair qu'il n'est, comme tous les Noirs d'Afrique du Sud, qu'un citoyen de seconde zone. Il en a eu la preuve quand le patron de sa petite amie a surgi dans leur chambre et les a battus comme plâtre. Il explique à Ben : « Lanie, cette nuit-là, j'ai compris quelque chose que je n'avais jamais compris. Je n'étais pas mon propre maître. Ma vie appartenait à mon baas blanc. »

Comme les autres membres de la communauté noire, il ne fraye pas avec les membres de la communauté blanche. Cependant, l'évidente bonne foi de Ben du Toit pousse Stanley à vaincre ses réticences vis-à-vis du professeur blanc, ainsi que le fait...

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