Bel Ami

par

Charles Forestier

C’est un ancien camarade de régiment de Georges Duroy. Le lecteur a du mal à imaginer ce garçon « gros, sérieux, avec quelques cheveux blancs sur les tempes, bien qu’il n’eût pas plus de vingt-sept ans », en soldat. Il faut d’ailleurs à Duroy quelques instants avant de reconnaître son ami. Ajoutons à ce portrait qu’il dit lui-même avoir une « poitrine de papier-mâché » : il se pense victime d’une bronchite ; il est en fait tuberculeux, maladie terrible qui le tuera.

C’est lui qui introduit Duroy à La Vie française. Officiellement, Forestier est en charge de la ligne politique du journal ; en réalité, c’est un homme de paille dont le seul talent est son habileté au bilboquet. Il n’écrit pas ses articles et s’en cache à peine : c’est Madeleine Forestier qui dicte. « Va-t’en trouver ma femme, elle t’arrangera ton affaire aussi bien que moi. Je l’ai dressée à cette besogne-là », dit-il à Duroy qui sollicite son aide pour rédiger sa première chronique. Il fait de Duroy son coursier, son domestique, ce que Duroy supporte mal. Il le rudoie, emploie avec lui le ton qu’on réserve aux subalternes 

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