Bel Ami

par

Virginie Walter

Elle est l'épouse de Monsieur Walter, patron de La Vie française. Issue de la haute bourgeoisie, « de manière distinguée et d'allure grave », elle est beaucoup plus jeune que son mari, et son mariage a quelque chose d'une mésalliance : n'a-t-elle pas épousé un Juif, ce qui selon les critères du temps n'est pas une brillante union ?

Elle n'est pas de prime jeunesse, elle a dépassé la trentaine. « Elle était un peu trop grasse, belle encore, à l'âge dangereux où la débâcle est proche. » Sage, fidèle, elle n'a pas l'esprit pétillant de Clotilde de Marelle, ni la belle intelligence de Madeleine : elle est « une de ces femmes dont l'esprit est aligné comme un jardin français. On y circule sans surprise tout en y trouvant un certain charme. » Georges Duroy va bouleverser ce paisible alignement.

Très tôt, elle a été attirée par le fringant rédacteur. Quand Duroy s'emploie à la séduire, il attaque une place prête à tomber. Mais à la différence de Clotilde ou Madeleine, elle est sincèrement amoureuse de Duroy et lutte contre cet amour qui la ferait sombrer dans le péché. Elle cherche le salut dans la prière, le lecteur la voit « le corps vibrant, l'âme éperdue », criant « Pitié ! vers le ciel. » Quand elle a la faiblesse de donner un rendez-vous à Duroy dans l'église de la Trinité, ce dernier la poursuit comme un prédateur : « Elle se sentait prise comme...

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