Bel Ami

par

Monsieur Walter

Le directeur de La Vie française est, selon le journaliste Saint-Potin, un personnage balzacien. Maupassant le définit en grande partie par sa religion : le judaïsme, et l'image caricaturale voire hostile qu'on en a à la fin du XIXe siècle. Walter a « des traits étonnants d'avarice », « et avec ça, pourtant, un bon zig, qui ne croit à rien et roule tout le monde. »

Il a créé La Vie française pour devenir une force, quelqu'un qui compte : il tient dans sa main plusieurs politiciens, inspirateurs et véritables auteurs des articles politiques du journal, « une demi-douzaine de députés intéressés dans toutes les spéculations que lançait ou que soutenait le directeur. On les nommait à la Chambre la bande à Walter ». Il a épousé une fille de la haute bourgeoisie, a fait baptiser ses filles, et ce diable d'homme aime à faire attendre ses obligés pendant des heures ; ceux-ci le croient en conférence, alors qu'il dispute une partie de cartes. Le personnage n'est pas sans rappeler celui de Saccard dans La Curée de Zola, mais en plus bonhomme, plus rond. Walter est ambitieux et avide de puissance, mais son pragmatisme raisonnable le préserve de la chute. Cependant, comme Saccard, il aime éblouir : il donne une fête somptueuse dans l'hôtel particulier qu'il vient d'acquérir afin d'exposer le tableau chrétien qu'il vient d'acheter, lui, le juif Walter : Le Christ marchant sur les eaux. Son habileté a payé : dans la dernière partie du roman, « Il était devenu, en quelques jours, un de ces maîtres du monde, un de ces financiers...

Inscrivez-vous pour continuer à lire Monsieur Walter >

Dissertation à propos de Bel Ami