La Bête Humaine

par

Le Juge Denizet

Il « était d'une intelligence très vive, très déliée, honnête même, ayant l'amour de son métier, grisé de sa toute puissance, qui le faisait, dans son cabinet de juge, maître absolu de la liberté des autres. » D'origine modeste et paysanne, ce juge d'instruction pauvre est parfaitement conscient que l'affaire qui met en cause le président Grandmorin peut mettre sa carrière en péril. À cinquante an passés, il n'en a pas envie. Il avance avec la plus extrême prudence afin d'éviter de tomber dans « les fondrières dans lesquelles son avenir pouvait sombrer. » Dès le début, il soupçonne les Roubaud puisque Séverine hérite de la maison de la Croix-de-Maufras mais il préfère orienter ses soupçons sur le carrier Cabuche.

En effet, tout au long de l'affaire Grandmorin, la politique est présente. L'opposition profite de ce dossier pour se manifester et met en avance les turpitudes de ce notable favori du régime impérial. Denizet connaît la nature dépravée de Grandmorin et sait que Louisette, venue mourir chez Cabuche, était la victime du président : « Je crois que le président l'avait mise en un vilain état, et cela ressortira sûrement du procès... Ajoutez que, si la défense est confiée à un avocat de l'opposition, on peut s'attendre à un déballage d'histoires fâcheuses, car ce ne sont pas ces histoires qui manquent » Il abandonne donc la piste Roubaud – Séverine est la filleule de Grandmorin – et finit par laisser filer Cabuche, faute de preuves.

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