La Bête Humaine

par

Séverine Roubaud

Séverine Aubry est la fille du jardinier du président Grandmorin. À la mort du père, le notable, qui est le parrain de la fillette, la fait élever comme sa propre fille. Cette générosité est intéressée : il aime les très jeunes filles et utilise Séverine comme objet de ses « désirs honteux », habitude qu'il poursuit après le mariage de la jeune femme avec l'honnête Roubaud, qu'elle n'aime pas. Elle n'éprouve pour ce dernier, au mieux, qu'une « affection filiale où l'amante ne s'éveillait point. »

Au début du roman, elle a vingt-cinq ans, elle est « grande, mince, les traits souples », « la bouche forte éclairée de dents admirables », dotée d'un charme certain, rehaussé par l' « étrangeté de ses larges yeux bleus, sous son épaisse chevelure noire. » C'est par un simple lapsus qu'elle révèle à son mari son passé avec Grandmorin. Elle, qui est une victime, est alors insultée, battue : en ce temps-là, la femme est systématiquement jugée coupable. Elle révèle tout à Roubaud, lui donne en toute franchise de sordides détails qui alimentent l'incendie qui ravage le mari jaloux. Elle est forcée d'être la complice du meurtre de Grandmorin et y participe activement. Quand Jacques, qui est certain de la culpabilité du couple, est introduit dans le ménage par Roubaud, elle tombe sous le charme de sa douceur, de sa délicatesse. Elle s'offre à lui et le lecteur assiste alors à la naissance de l'amante passionnée, absolue, qui fait oublier la femme à la chair glacée qu'elle était. Malheureusement, elle finit par tout avouer à son amant : les violences de Grandmorin – qui...

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