La Conquête de Plassans

par

Félicité Rougon

Cette septuagénaire est la mère de Marthe Mouret et l’épouse de Pierre Rougon. Son mari et elle ont fait basculer Plassans dans le camp de l’Empire lors du coup d’État de décembre 1851, événements racontés dans le premier tome de la série des Rougon-Macquart. Depuis son salon vert, elle règne sur Plassans, suivant les consignes de son fils Eugène, ministre à Paris. Les dernières élections ont donné à Plassans un représentant royaliste, le marquis de Lagrifoul. Félicité est alors chargée par Eugène d’agir pour la reconquête de la ville. Il envoie à Plassans l’abbé Faujas, que Félicité doit guider et aider discrètement. C’est elle qui, dans l’ombre, lui dicte la marche à suivre pour conquérir la sous-préfecture endormie. En outre, Félicité profite de cette opportunité pour écarter François Mouret, ce gendre qu’elle déteste, entre autres parce qu’elle le soupçonne d’être républicain. Elle a l’habileté de ne jamais agir au grand jour et atteint son but quand les nouvelles élections sont remportées. Mais Faujas est devenu encombrant : son autorité brutale fait plier la ville sous sa main de fer, et Félicité ne saurait le tolérer. Elle s’oppose alors au prêtre, et lui rappelle qui est le vrai maître de la cité : « Je ne souffrirai pas que vous veniez faire le maître chez moi. Que le petit Péqueur, ou le bonhomme Rastoil tremblent à la vue de votre soutane, cela est bon. Nous autres, nous n’avons pas peur, nous entendons rester les maîtres. Mon mari a conquis Plassans avant vous et nous garderons Plassans, je vous en préviens. » C’est la rupture entre Félicité et l’abbé Faujas.L’oncle Macquart, ennemi sournois et acharné de Félicité, ignore tout de cette rupture, et il croit jouer un sale tour à celle-ci en faisant échapper François de l’asile. Quand elle voit l’incendie, allumé par son gendre, où périt l’abbé Faujas, Félicité comprend immédiatement que ce sont Macquart et l’abbé Fenil, ancien grand vicaire supplanté par Faujas, qui ont ouvert la porte à François Mouret. Sans le vouloir, Macquart a débarrassé Félicité d’un adversaire. Elle reste maîtresse du champ de bataille et règne sur Plassans en souveraine incontestée.Félicité est redoutablement intelligente et animée d’une soif de pouvoir et d’honneurs à la fois inextinguible et raisonnable ; peu lui importe Paris : elle veut être la première à Plassans. Elle sacrifie tout à cette soif, y compris la famille de sa fille Marthe : les fils ont quitté le foyer, la fille est placée chez sa nourrice, son gendre est interné et meurt dans son coup de folie criminelle, et sa fille Marthe meurt de phtisie. Félicité aurait pu éviter cela, mais les ordres de son fils Eugène et son ambition font clairement pencher la balance en défaveur de la paisible famille Mouret, qui est sacrifiée. Félicité va continuer à gouverner depuis son salon vert pendant encore dix ans, jusqu’au Docteur Pascal, le dernier tome de la série des Rougon-Macquart.

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