La Conquête de Plassans

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Résumé

Marthe et François Mouret vivent à Plassansavec leurs trois enfants : Serge, Désirée et Octave. Le personnage deMarthe correspond au stéréotype de la femme au foyer, tandis que son mari estd’emblée tourné en ridicule par le narrateur qui insiste sur ses côtés maniaqueet versatile. Le lecteur prend directement de la distance par rapport à Mouret,qui n’est en outre pas très aimé de son entourage.

La venue de l’abbé Faujas et de sa mère àPlassans vient perturber le quotidien de la ville. En effet, ce personnagemystérieux qu’incarne Faujas intrigue et provoque des commérages de la part deshabitants, notamment à travers la famille Mouret qui l’héberge. Faujas a enréalité été envoyé par le pouvoir pour réconcilier les monarchistes et lesbonapartistes dans la ville. Pour cela, il doit imposer son autorité morale etdominer politiquement Plassans.

La grande discrétion de Faujas intrigue toutparticulièrement François qui se met à l’espionner. Finalement, il le prend ensympathie et invite l’abbé et sa mère à jouer des parties de piquet tous lessoirs après le dîner. Tandis que Mouret et la mère de Faujas jouent aux cartes,les discussions entre Marthe et l’abbé se multiplient, celui-ci la questionnantpour mieux cerner sa personnalité. Remarquant qu’elle a une âme très sensible,il parvient à la convaincre de participer au projet de construction d’unétablissement pour les jeunes filles en perdition.

Marthe devient progressivement dévote ets’investit beaucoup dans ce projet, s’attirant les moqueries de son mari. Ellesollicite l’aide des autres femmes de Plassans qui vont chercher à s’attribuertout le mérite de l’entreprise. Sa dévotion la fait délaisser peu à peu sonrôle de femme au foyer, ses enfants, et elle en vient à se rebeller contre sonmari. Celui-ci, voyant qu’il n’a plus d’influence sur sa femme, laquelle semoque de ses reproches, devient avare et ne lui donne plus que cent francs parmois, craignant qu’elle ne dépense trop d’argent en faveur de l’Église.

La sœur de Faujas et son mari, les Trouche, viennentemménager chez les Mouret avec l’approbation de Marthe. Très vite, ils sontprésentés comme des personnes peu honnêtes, en relation tendue avec l’abbé etsa mère.

La dégradation de la situation familiale desMouret se fait peu à peu ressentir : la bonne, Rose, gagne de plus en plusen autorité dans la maison ; Mouret se retrouve contraint de fairelui-même certaines tâches ménagères ; Octave, échouant une nouvelle foisau baccalauréat, part à Marseille travailler dans une maison de commerce tandisque Serge, souffrant, reste au lit et se rapproche lui aussi de l’abbé Faujas.

Faujas gagne de plus en plus en popularité,notamment en séduisant les femmes. Pour arriver à ses fins il n’hésite pas à manipulerson entourage, dont l’abbé Bourrette par exemple, afin d’être nommé curé deSaint-Saturnin en remplacement de l’abbé Compan qui vient de mourir. Il ouvreégalement un séminaire pour les jeunes de Saint-Saturnin afin de s’attirer les leursfaveurs. Serge finit d’ailleurs par souhaiter rejoindre ce séminaire, au granddésarroi de son père.

Marthe, sous le charme de l’abbé, devient deplus en plus jalouse des attentions des autres femmes envers Faujas et chercheà s’attirer ses faveurs de toutes les manières possibles. Elle finit parl’idéaliser totalement et souhaite le préserver à tout prix. Olympe Trouche, lasœur de Faujas, en profite pour soutirer de l’argent à son hôtesse enprétendant qu’un homme menace d’écrire des choses compromettantes sur l’abbé aumaire et à l’évêché de Plassans s’il ne reçoit pas cent francs. Ce chantage sepoursuit avec des sommes de plus en plus grandes et Marthe, avec la complicitéde sa bonne, finit par vendre des objets de la maison dans le dos de son mari.

Mouret, découvrant ce qui se trame, en rejettela faute sur la bonne en l’accusant de vol et met tous ses objets précieux dansun secrétaire sous clé. Une confrontation finit par éclater entre Marthe et sonmari, celle-ci exigeant cinq cents francs. Marthe prend le dessus, Mouretdevient de plus en plus pathétique. La distance prise au départ par le lecteur avecMouret disparaît, laissant place à de la compassion et à un dégoût progressifvis-à-vis de Marthe.

L’abbé finit par accepter de confesser Marthe,marquant définitivement sa relation de supériorité sur elle. Celle-ci délaissetotalement ses enfants, malgré les reproches de son mari. Elle finit par semontrer totalement exaspérée par sa fille, laquelle finit chez sa nourrice sur ordrede Mouret, soucieux de son éducation. Il perd finalement son autorité dans lamaison et s’isole. Il est progressivement soupçonné de vouloir battre sa femme– commérages que la bonne propage dans Plassans.

Faujas quant à lui perd le contrôle de Marthe,qui sombre finalement dans la folie. Sa dévotion extrême la pousse à se punirelle-même de ses péchés. Elle devient souffrante, le lecteur assimile très vitesa maladie à l’hystérie bien que cela ne soit jamais clairement explicité. Cemal est sous-entendu implicitement dès le début du roman quand Marthe expliqueque sa grand-mère souffrait de maux de tête dont sa fille et elle ont hérité.

Les manœuvres politiques de l’abbéaboutissent : il réussit finalement à faire élire un candidat favorable aupouvoir à la Chambre.

Mouret quant à lui est soupçonné d’être désormaisaliéné et il s’attire les moqueries de tout Plassans. Il est interné à l’asiledes Tulettes où il devient réellement fou. Marthe, réalisant ses fautes,demande à rendre visite à François avec Rose ; elle souhaite son retour àla maison. En le voyant fou, elle se reconnaît en lui et se sent coupable deson malheur. Elle rentre ensuite chez sa mère.

Mouret qui s’est échappé retourne chez luidans l’espoir de retrouver Marthe. Ne la trouvant pas, il brûle sa maison etpérit avec Faujas et la famille de l’abbé. Marthe meurt le même soir chez samère d’une phtisie qui la rongeait depuis longtemps. Sa mort est symbolique :elle rend l’âme en voyant son fils Serge se présenter devant elle en habits d’église.

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