Le barbier de Séville

par

Figaro

Figaro est « le barbier de Séville » ; iln’est pas anodin de noter que la pièce prend le nom du domestique, ce quidénote d’ores et déjà son importance au cœur de l’action dramatique. Lespectateur apprend une partie de son passé par le récit qu’il en fait lui-mêmeau Comte : il est arrivé à Séville après avoir perdu son poste de garçonapothicaire ; il tente alors d’écrire des pièces et des poèmes sans grandsuccès. Il rencontre le comte Almaviva dès l’acte I et l’aide à conquérir labelle Rosine, même s’il souligne lui-même qu’il le fait par intérêt, conformémentau caractère intéressé des valets de comédie ; il dit lui-même à l’acte I: « Mon intérêt vous répond pour moi ».

Figaro est le barbier de Bartholo et son locataire ;il se sert de cette position pour aider le Comte à entrer dans la maison dumédecin. Mais plus qu’un simple aide de son ancien maître, c’est Figaro lui-mêmequi élabore toutes les stratégies mises en place pour approcher Rosine. LeComte souligne d’ailleurs la perspicacité du valet à de nombreuses reprises. Lorsqu’il s’aperçoit de l’aideprécieuse que peut lui apporter le valet, il le flatte sans mesure : « Figaro, mon ami, tu seras mon ange,mon libérateur, mon Dieu tutélaire ». Figaro prend alors l’allure del’adjuvant, de celui qui va aider son maître par tous les moyens. Iln’hésite pas d’ailleurs à souligner sa propre importance dans l’action : « Moi, j’entre ici, où par la force de mon Art, je vais d’un seul coup debaguette endormir la vigilance, éveiller l’amour, égarer la jalousie, fourvoyerl’intrigue et renverser tous les obstacles. » (acte I, scène 6)

Loin du valet stupide, sot et cupide, Figaro estintelligent, perspicace, serviable. Il semble être au cœur de la pièce puisquec’est sur lui que repose un enjeu essentiel de cette comédie : lacontestation de l’ordre social.

En ce qui concerne son vêtement, le texte explique qu’ilest en habit de majo espagnol, c’est-à-direqu’il est habillé de façon élégante pour un homme du peuple : « chapeau blanc, ruban de couleur,fichu en soie, gilet en satin, boutons frangés d’argent, grande ceinture desoie, jarretières nouées avec des glands ». Peut-être est-ce déjà unmoyen pour l’auteur de brouiller la frontière entre les différentes couchessociales. 

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