Le barbier de Séville

par

Le comte Almaviva

Le ComteAlmaviva est d’abord caractérisé par son rang, il est présenté comme un « Grand d’Espagne » dans la liste des personnages, et il est ensuite qualifié d’« amant inconnu de Rosine ». Il est en effet amoureux de la jeune fille en secret, depuis une rencontre au Prado à Madrid, et il vient l’observer chaque jour, déguisé en étudiant, à travers la jalousie de son appartement.

Toute la pièce est centrée sur ce personnage et son dessein : parvenir à se marier avec Rosine. Dès l’acte I, il retrouve son ancien serviteur Figaro qui va lui être d’une grande utilité puisqu’il connaît le maître de la maison de Rosine, Bartholo. Sur les conseils de Figaro, le Comte joue ainsi la comédie pour s’introduire dans la maison de la jolie Rosine en espérant la charmer. Deux tentatives lui seront nécessaires pour finalement entrer dans la demeure.

Ce personnage ne cesse donc de jouer différents rôles tout au long de la comédie ; une mise en abyme se dessine dès lors, laquelle place les spectateurs en situation de complices de ce personnage puisqu’ils sont au courant de ses multiples identités. Il se fait d’abord passer pour un dénommé Lindor auprès de la jeune femme ; tenant à être aimé pour lui-même et non son titre ou sa fortune, il se présente ainsi en la personne d’un  jeune homme de naissance commune. Dans l’acte II, il prend l’allure d’un cavalier ivrogne auprès de Bartholo – Rosine, elle, croit avoir affaire à Lindor – pour tenter de passer la nuit chez le docteur, mais cette première tentative est vaine. Puis il se déguise en bachelier à l’acte III, prétendant donner un cours de chant à Rosine.  Enfin il semble porter son véritable costume au dernier acte : il apparaît dans un riche manteau brun conforme à son statut de Comte – il porte une grande fraise au cou, une veste, une culotte, des bas et un manteau d’abbé.

Le Comte Almaviva est donc un personnage polymorphe dont il est difficile de saisir les contours ; il est le maître, mais ne cesse de suivre les conseils et instructions de son ancien valet ; il veut séduire Rosine, mais via une identité cachée. Il n’est pas le plus malin puisque ses ruses sont souvent déjouées par Bartholo – lorsqu’il donne la lettre de Rosine à son tuteur cela finit par se retourner contre lui. Au début de la pièce, il se pose en maître et méprise ce « coquin de valet », mais dès qu’il voit que Figaro peut lui être utile, il le considère en ami ; il a donc une conscience certaine des classes mais n’hésite pas à rendre floue la frontière entre les conditions quand il s’agit d’en tirer profit. 

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