Le barbier de Séville

par

Rosine

Rosine est une jeune femme d’extraction noble, orpheline et sous la tutelle de Bartholo, lequel entend l’épouser. Rosine est d’abord présentée comme un personnage ingénu, mais très rapidement – dès sa première apparition – le spectateur peut percevoir chez elle une franche lucidité – elle dit être sous la « persécution d’un homme odieux »– et une volonté d’émancipation de son « bourreau » (c’est elle qui l’appelle ainsi). Dès le premier acte, elle se révolte déjà en parole contre sa condition qu’elle rapproche de celle de l’esclave, et bientôt en action puisqu’elle n’hésite pas à braver les interdits de son tuteur pour envoyer un message à celui qui l’observe.

Au fil de la pièce, Rosine fait figure de jeune femme qui tente de s’émanciper de l’autorité de son tuteur, et sa parole se fait de plus en plus libérée ; dès l’acte II elle n’hésite pas à dire à Bartholo son déplaisir : « Mais, Monsieur, s’il suffit d’être homme pour nous plaire, pourquoi donc me déplaisez-vous si fort ? » ; et elle finit même par lui dire à l’acte II, scène 4 : « puissiez-vous mourir de dépit ». Dans la dernière scène de l’acte II, elle se présente elle-même comme une femme qui défie l’autorité injuste : « j’en suis plus révoltée encore » ; Bartholo lui rétorque alors : « comment révoltée ! Vous ne m’avez jamais parlé ainsi ». Le spectateur comprend que sous ses yeux naît un personnage nouveau, une femme nouvelle qui veut faire entendre sa voix. Sa parole s’affirme ainsi au fil de la pièce jusqu’à valoir engagement puisque c’est elle qui choisit finalement son époux. Le Comte dit qu’elle s’est émancipée, mais elle finit par l’épouser, retournant ainsi sous la tutelle d’un autre homme. 

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