Le Mur

par

La Chambre

La Chambre est une nouvelle dans laquelle l’auteur se demande si la folie est une réelle attitude existentielle ou si elle est artificielle.

Ce récit est écrit à la troisième personne avec un narrateur omniscient. Au début de la nouvelle est présentée madame Darbédat, une femme d’un âge avancé qui souffre d’une maladie sur laquelle aucun médecin n’a réussi à mettre un nom. Son mari vient la voir quasiment chaque jour à l’hôpital. Lorsqu’ils ne parlent pas de sa maladie, le couple parle de leur fille Ève qui est mariée à Pierre car ils sont très inquiets à son sujet.

Pierre et Ève forment un couple qui fut heureux par le passé. Aujourd’hui, Pierre est fou, il vit en dehors du monde réel, dans un univers de démence. Ève aimerait le comprendre, elle l’aime énormément, et voudrait pouvoir entrer dans son monde, pour retrouver une réelle communication. Monsieur Darbédat, son père, voudrait qu’Ève le quitte, et fait tout pour que Pierre soit interné. Ève lui montre une opposition farouche de tous les instants, elle veut que Pierre reste avec elle. Elle s’oppose à la bonne bourgeoisie sans histoire que ses parents représentent, et donc au conformisme et à l’ordre établi – ce qui n’est pas évident car Pierre appelle Ève par le prénom Agathe, il passe tout son temps enfermé dans sa chambre, d’où le titre de la nouvelle, comme réfugié dans une pièce protégée, car il explique redouter le retour de statues volantes : il est très incohérent. De plus, il parle de beaucoup de choses sans lien réel les unes avec les autres, et évoque à Ève des souvenirs qu’il a et qui ne correspondent à rien qu’ils aient vécu.

Ève fait beaucoup d’effort pour Pierre, pour que leur vie de couple ne soit pas un enfer, et elle essaie de pénétrer cette folie qui touche Pierre. Ils continuent à faire l’amour. Elle croit que Pierre n’est pas malheureux en dehors du monde réel qui l’ennuie terriblement, elle aimerait elle aussi par moments devenir démente comme lui et ne plus subir cette réalité qui la répugne tant. Elle se lance à la conquête de la folie, prétend devenir folle à son tour, mais la folie demeure un monde impénétrable pour elle.

La folie de Pierre dégénère pas à pas, et il va bientôt n’avoir d’autre choix que d’être interné en centre psychiatrique. Ève ne peut le supporter et préfère le tuer afin qu’il ne souffre pas de ces soins qui le rendront totalement amorphe et qui l’éloigneraient définitivement d’elle : « Un an, un hiver, un printemps, un été, le début d'un autre automne. Un jour, ces traits se brouilleraient, il laisserait pendre sa mâchoire, il ouvrirait à demi des yeux larmoyants. Ève se pencha sur la main de Pierre et y posa les lèvres : "Je te tuerai avant". » 

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