Le Mur

par

L’Enfance d’un chef

Cette nouvelle est également écrite à la troisième personne. Le personnage principal est Lucien Fleurier, un jeune homme longtemps sans histoire, lisse, issu de la bourgeoisie parisienne.

Lucien n’a aucune personnalité, il a passé toute sa jeunesse à hésiter, à se poser beaucoup de questions sans jamais parvenir à des réponses ; il s’est même demandé s’il était un garçon ou une fille ou encore « Pourquoi j'existe et pour quelle raison ? »

Il n’a aucune envergure et certainement pas le charisme pour devenir un chef d’entreprise, ce à quoi son père le destinait pourtant depuis son enfance. Son père est chef d’une grosse entreprise industrielle à Férolles et veut le meilleur pour lui. Il veut qu’il reprenne son entreprise, mais Lucien ne se sent pas capable de l’assumer ; il n’aime pas son père qu’il voit comme un rival, il aime sa mère car elle le rassure.

Il passe toute son adolescence à se chercher une philosophie, allant du surréalisme à Freud. Il est très influençable : il suffit qu’on lui répète deux fois une chose pour qu’il croie qu’elle est vraie.

Toute sa jeunesse, il côtoie Berliac et Bérengère. Berliac est mauvais élève, sèche les cours, fume, et Lucien le suit, sèche les cours à son tour, et découvre la psychanalyse, mais cela lui fait peur, car il prend alors conscience de lui-même.

C’est l’opinion de ceux qu’il fréquente qui fait de lui ce qu’il est. Lucien ne va plus les fréquenter, de peur qu’ils le jugent ; il se sent malsain. Il envisage un temps de se suicider pour fuir ses problèmes.

Lucien rencontre Lemordant durant ses études. Lemordant est le leader d’une association étudiante politique et Lucien le voit un jour faire signer une pétition à tout le monde. Impressionné par sa personnalité et son énergie, Lucien adhère aux convictions de Lemordant, qui est antisémite. Lucien va alors le suivre et « acquérir » une haine pour les Juifs ainsi que les étrangers, en commençant par un jeune Juif, Loewy. Il s’engage alors dans l'Action française, groupement violent et nazi. Il entame un cheminement vers une adhésion totale au fascisme.

Dans ce groupe, Lucien se sent vivre, il se sent devenir un vrai homme, il s’affirme alors comme un individu et suit tous les préceptes qu’on lui transmet, allant jusqu’à porter une moustache rappelant celle d’Hitler : « Mais la glace ne lui renvoya qu'une jolie petite figure butée, qui n'était pas encore assez terrible : "Je vais laisser pousser ma moustache", décida-t-il ».

  Lucien a enfin l’impression d’exister et de devenir quelqu’un, il s’oppose à ses parents, et a trouvé un sens à sa vie : « J’existe, pensa-t-il, parce que j’ai le droit d’exister. » 

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur L’Enfance d’un chef >