Le Mur

par

Le thème de la mort

Le thème de la mort est un thème très présent en philosophie, et l’écriture de Sartre, ainsi que l’existentialisme n’échappent pas à cette règle ; en effet, ses nouvelles, sous couvert de fiction, sont une réflexion sur la vie, la mort, et la conscience de soi.

Ainsi on retrouve ce thème dans Le Mur, nouvelle où trois jeunes hommes vont être exécutés le lendemain matin. Cette certitude les rend pourtant totalement incrédules ; ces trois personnages étant dans la force de l’âge, ils n’imaginent pas qu’ils vont mourir demain, c’est impossible : « Comment s'appellent-ils, ces trois-là ? – Steinbock, Ibbieta et Mirbal, dit le gardien. Le commandant mit ses lorgnons et regarda sa liste : – Steinbock… Steinbock… Voilà. Vous êtes condamné à mort. Vous serez fusillé demain matin. Il regarda encore : – Les deux autres aussi, dit-il. – C'est pas possible, dit Juan. Pas moi. Le commandant le regarda d'un air étonné. » Les trois personnages converseront à propos de leur jeunesse, de leur manière d’envisager ou non la mort.

Juan ne supporte pas l’idée de mourir à son âge, Tom a peur de la mort, et voudrait être sauvé, en ignorant totalement comment cela serait possible, tandis que Pablo se fait à l’idée : il finit par accepter la mort et l’attend : « Dans l'état où j'étais, si l'on était venu m'annoncer que je pouvais rentrer tranquillement chez moi, qu'on me laissait la vie sauve, ça m'aurait laissé froid : quelques heures ou quelques années d’attente c’est tout pareil, quand on a perdu l’illusion d'être éternel. »

La mort est la seule solution qu’a trouvée Eve pour sauver son mari de l’asile psychiatrique, car elle ne supporte pas l’idée de le voir partir : « Un jour ses traits se brouilleraient, il laisserait pendre sa mâchoire, il ouvrirait à demi des yeux larmoyants. Eve se pencha sur la main de Pierre et y posa ses lèvres : "Je te tuerai avant" ».

La mort est aussi la seule issue possible pour le narrateur dans Érostrate, qui voit dans le suicide la seule solution à son mal-être dans cette société. Mais elle est aussi une manière pour lui de s’affirmer, d’assouvir un dessein terrible, un désir morbide : avant de mourir, il veut tuer le plus de personnes possibles, gratuitement, par pure violence : « J'aime si peu [les hommes] que je vais tout à l'heure en tuer une demi-douzaine ; peut-être vous demanderez-vous : pourquoi seulement une demi-douzaine ? Parce que mon révolver n'a que six cartouches. »

Enfin, la mort est une des solutions envisagées par Lucien dans L’Enfance d’un chef, qui pense un temps à se suicider pour fuir ses problèmes, et ne plus être inquiété par la nécessité de faire des choix dans sa vie d’adulte qui approche. 

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