Madame Bovary

par

Un langage limité et trompeur

Flaubert développe l'idée que le langage est une forme imparfaite qui ne peut saisir toutes les nuances de la profondeur de la vie humaine. Le langage parlé est souvent montré comme inadéquat pour l'expression des idées et des sentiments. Au début du roman, Charles Bovary, nouvel élève, ne parvient pas à communiquer à l'enseignant son nom : le professeur ne comprend qu'un « Charbovari » au lieu du nom de son élève. Emma va être confrontée tout le long du récit aux limitations du langage, quand elle ne parvient pas à exprimer sa détresse au prêtre auquel elle se confie, ou quand elle veut signifier à Rodolphe son amour. Charles, lisant une lettre de Rodolphe à sa femme, se méprend lui aussi et croit au caractère exclusivement platonique de la relation entre les deux amants.

    Les nombreux mensonges présents dans le discours des personnages contribuent à renforcer le caractère trompeur attribué au langage, lequel sert à fausser la réalité ou à n'en présenter qu'un aspect tronqué, plutôt qu’il ne se fait l'expression fidèle des faits. Emma, inventant mensonge après mensonge pour cacher à son mari ses liaisons, fait de sa vie un véritable tissu de mensonges. Rodolphe, qui ne compte plus les paroles d'amour creuses dont il abreuve Emma, en vient à s'imaginer que les déclarations pourtant sincères de son amante sont elles aussi mensongères.

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Dissertation à propos de Madame Bovary