Madame Bovary

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Première partie

Au collège de Rouen, en classe de cinquième,un nouveau fait son arrivée : Charles Bovary. Âgé d’une quinzained’années, la nature campagnarde du jeune garçon n’échappe à aucun de sescamarades de classe. Son attitude très obéissante et sa timidité interpellent.Bientôt, il est la cible de toutes les moqueries. Charles est issu d’unefamille en difficulté : son père, ancien chirurgien, a épousé sa mère poursa dot élevée. Mais rapidement, tous leurs biens sont dilapidés et le couple seretire à la campagne. Cette situation rend l’épouse aigrie : elle,autrefois aimante et enjouée, est devenue difficile à vivre et nerveuse. Lavenue au monde de Charles sera pour chacun l’occasion de reporter sur le filsses espoirs déçus. Son père, voulant un fils viril, lui enseigne la vie à ladure. Sa mère quant à elle reporte sur lui tout l’amour frustré qu’elle nedonne plus à son mari. Très tôt, elle lui enseigne le piano, la lecture, etsouhaite qu’il poursuive des études. C’est ainsi que le jeune garçon seretrouve au collège de Rouen. Sans être médiocre, Charles Bovary n’est pas unbon élève et se situe tant bien que mal dans la moyenne. Sa troisième année achevée,Charles est retiré de force de l’école pour étudier la médecine ; sesparents sont persuadés que leur fils pourra pousser seul jusqu’au bac. CharlesBovary devient alors l’heureux locataire d’une chambre, où il découvre lesjoies de la liberté, loin de ses parents. Très vite, il laisse tomber sesétudes, préférant l’ambiance des cabarets et des salles de dominos. C’est sanssurprise qu’il échoue aux examens. Persévérant, il obtient tout de même sondiplôme à sa seconde tentative, pour la plus grande joie de sa mère. Aprèsavoir choisi la ville de Tostes pour son installation, Mme Bovary lui trouveégalement une femme, plus âgée, laide mais riche. Le jeune médecin se retrouvealors piégé auprès d’une épouse jalouse, dominante et envahissante.

Une nuit, Charles reçoit une lettre le suppliantde se rendre à la ferme des Bertaux soigner la jambe cassée de M. Rouault.Malgré la distance, le jeune homme se rend au plus vite sur les lieux. Là-bas,il soigne rapidement la fracture, qui ne présente aucune complication. La posede l’attelle nécessitant cependant une aide, il demande à se faire seconder.C’est ainsi qu’il fait la connaissance d’Emma Rouault. Stupéfait par soncharme, l’homme ne peut par la suite s’empêcher de revenir à la ferme,prétextant tantôt le hasard, tantôt son devoir de médecin. Mme Bovary, audébut, s’inquiète de la santé du malade et approuve le zèle de son époux. Maisrapidement, la fierté fait place à la jalousie, et bientôt, l’homme estcontraint de rester chez lui et de ne plus se rendre à la ferme des Bertaux. Auprintemps, Charles Bovary et ses parents apprennent d’un notaire que la fortunedont on leur avait tant vanté les mérites lors du mariage se révèle n’être quedettes et hypothèques. Le coup de cette révélation cause la mort de l’épouseBovary, et Charles se retrouve seul.

Peu de temps après la triste nouvelle, le pèreRouault vient rendre visite à M. Bovary ; il tient non seulement à lepayer, mais encore à lui apporter du réconfort dans cette épreuve. Gentiment,le médecin est convié à revenir à la ferme. Un après-midi, alors que le jeuneveuf admire Emma coudre, il entreprend de discuter avec elle. Une affinité secrée rapidement et Charles prend réellement conscience de l’amour qu’il porte àla jeune fille. Il envisage alors sérieusement de demander la main d’Emma à sonpère. De son côté, le père Rouault aimerait s’en débarrasser, elle ne lui estd’aucune utilité à la ferme. Très vite, un arrangement est conclu entre lesdeux parties : le mariage aura lieu. La noce, qui réunit quarante-troisinvités, dure plusieurs jours. Le mariage, assez simple, se déroulenormalement, malgré la mauvaise humeur de la mère de Charles et l’ivresse deson père. Le jeune homme, fort heureux de ce mariage, est très à l’aise avec sanouvelle épouse, la tutoyant, lui demandant son avis sur tout et la réclamantcontinuellement auprès des convives. Emma, en revanche, se fait beaucoup plusdiscrète. Deux jours après la noce, les époux s’en vont vivre leurs premiersjours ensemble dans leur demeure à Tostes.

Les premiers temps de sa nouvelle vie, Emmadécouvre la maison puis s’attelle à y apporter quelques changements décoratifs.Mais très vite, elle prend conscience que ce qu’elle pensait être de l’amour n’enest pas et que son bonheur est bien loin de ressembler à celui que lui ont étaléles romans qu’elle a lus. Charles, quant à lui, est ravi de sa nouvelleexistence ; il lui semble qu’il n’a jamais connu dans sa vie une tellefélicité.

Emma, plus jeune, s’est délectée d’histoiresd’amour et d’images pieuses. Mise au couvent à treize ans, elle a d’abordtrouvé une certaine satisfaction dans l’éducation reçue et les sentiments purs oùon la baignait. Jeanne d’Arc ou encore Agnès Sorel devinrent ses modèles. Lamort de sa mère lui apporte même la satisfaction de se sentir comme « cerare idéal des existences pâles ». Mais après quelques années, ladiscipline imposée a fini par l’ennuyer et elle fut bien heureuse de retourner vivreauprès de son père à la campagne. Cependant, son cœur toujours changeant laconduit à détester la vie campagnarde à son tour. La venue de Charles luiapparut alors comme l’élément manquant à sa vie et les histoires d’amourpassionné de sa jeunesse lui revinrent en mémoire. Mais à présent mariée, sonbonheur lui semble fade, bien loin de ses rêves d’antan.

Même si Emma se demande parfois si elle ne vitpas malgré tous les jours les plus heureux de son existence, les platitudes deCharles l’accablent. Toute sa personnalité lui inspire l’ennui. Par ailleurs,les reproches incessants de sa belle-mère sur son manque d’économiel’exaspèrent et participent à son mal-être. Souvent, le soir, Emma tente d’attisersa passion pour Charles, sans succès. Alors elle imagine ce qu’aurait pu êtresa vie si elle avait épousé un homme beau, distingué ou encore spirituel. Lesjours coulent ainsi lentement, jusqu’à ce qu’un événement vienne bouleverser lequotidien monotone du couple : alors que septembre touche à sa fin, lesvoici invités chez le marquis d’Andervilliers, à Vaubyessard.

Au château, tout respire le luxe et leraffinement. Emma découvre alors avec émerveillement le monde auquel elle atoujours rêvé. Elle oublie son époux, duquel elle semble avoir un peu honte, etdanse avec des cavaliers qu’elle ne connaît pas, transportée par la musique. Àson retour à Tostes, Emma semble aigrie et parle peu. Les jours continuent depasser et l’ennui apparaît comme plus pesant qu’auparavant. Triste, Mme Bovaryse remémore sans fin ce bal qui, il lui semble, a changé sa vie.

Emma, dont les souvenirs du bal s’effacent, semet à penser à Paris. Elle achète des cartes de la ville, s’intéresse à la modeparisienne, se met à lire Balzac ou encore George Sand. Peu à peu, elle setransforme en femme du monde, subissant les caprices de la mode, sous l’œiltransi d’amour de Charles. Son caractère aussi s’altère : elle devientplus hautaine, plus froide, aussi bien avec sa domestique qu’avec son mari.Même sa belle-mère n’ose la contredire. La détresse d’Emma ne cesse de grandir,et selon les jours, la jeune femme rêve de mourir ou d’habiter Paris. Peu àpeu, elle devient dépressive et un an et demi après le bal à Vaubyessard, onlui déclare une maladie neurologique. Charles se résout, pour le bien de sonépouse, à quitter Tostes pour aller s’installer dans un bourg nomméYonville-l’Abbaye. Au mois de mars, alors que le couple Bovary quittedéfinitivement Tostes, Emma est enceinte.

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