Richard III

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Présentation

Richard III est une pièce historique (history play) écrite par William Shakespeare aux environs de 1592. Elle fait partie d’une tétralogie dont les trois premières parties sont les Henri VI parties un, deux et trois, et conclut un cycle de pièces retraçant la fin de la Guerre des deux roses, sanglante querelle de succession qui marqua l’Angleterre de la fin du Moyen Âge. Le but ultime de cette tétralogie est de légitimer la présence sur le trône de la lignée des souverains Tudor, dont la dernière représentante, Élisabeth Ire, régnait quand Richard III fut créée. La pièce met en lumière l’ascension vers le pouvoir de Richard de Gloucester et son règne de courte durée.

Richard III est la deuxième plus longue pièce dans l’œuvre de Shakespeare, juste après Hamlet. Elle fourmille de personnages nombreux dont les noms et les actes étaient connus des spectateurs des années 1590, mais qui sont tombés depuis dans l’oubli. Ce détail peut représenter une difficulté de compréhension pour le spectateur d’aujourd’hui, peu familier de la généalogie compliquée des membres des deux clans en présence, les York et les Lancastre. En outre, certains prénoms – Édouard, Henri et Élisabeth – sont portés par deux voire trois personnages différents, ce qui peut ajouter à la confusion. Enfin, la pièce contient nombre de références à des événements historiques évoqués dans les pièces précédentes de la tétralogie, comme l’assassinat du roi Henri VI par Richard ou la défaite politique de la reine Marguerite, événements connus des spectateurs de 1592 mais ignorés aujourd’hui.

La pièce est une œuvre politique qu’on peut assimiler à une œuvre de propagande. En effet, les chroniqueurs de cette époque n’avaient d’autre choix que de peindre la chute des Plantagenêt et l’ascension des Tudor comme la victoire du Bien sur le Mal. C’est pourquoi Richard, dernier roi Plantagenêt, est dépeint comme un être fourbe, dépourvu de toute qualité et affligé d’un physique repoussant, reflet de son âme noire. Les inexactitudes – pour ne pas dire les mensonges – que comporte la pièce s’expliquent par les sources utilisées par Shakespeare, qui sont dans ce cas comme souvent les Chroniques de Holinshed. Mais Richard III occupe une place particulière dans l’histoire du théâtre, car le spectateur y découvre un méchant absolu, et pourtant fascinant en la personne du personnage qui donne son titre à la pièce. L’image du néfaste souverain que peint Shakespeare est si forte qu’elle a perduré et supplanté l’image réelle du Richard III historique qui, s’il n’était pas un enfant de chœur, n’était pas le monstre que l’on rencontre dans la pièce.

La pièce est écrite en vers non rimés et en prose. Les personnages issus de la noblesse s’expriment en vers, plus précisément des pentamètres iambiques (le rythme du pentamètre iambique est de cinq iambes par vers, un iambe étant constitué d’une syllabe non accentuée suivie d’une syllabe accentuée. C’est un type de vers très utilisé en poésie anglaise). La prose, quant à elle, est réservée aux personnages issus des classes inférieures : les citoyens, et les assassins. La traduction, quelle que soit sa qualité, rend bien mal la force que donne le rythme au vers Shakespearien. Ajoutons à cela que Richard III comporte des passages, monologues entiers ou vers isolés, qui sont devenus des classiques dans la langue anglaise, au même titre que le To be, or not to be de Hamlet.

Après l’étude des principaux personnages, nous étudierons le thème du libre arbitre dans Richard III, puis nous réfléchirons à la place qu’occupe le surnaturel dans la pièce, et contemplerons enfin la pièce comme une œuvre de propagande, et ses effets dans le temps. 

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