Richard III

par

Richmond, futur roi Henri VII

Lepersonnage arrive fort tard dans la pièce, et à ce titre n’occupe pas une placemajeure dans le drame, à ceci près que c’est lui qui devient roi après labataille de Bosworth. On peut voir son apparition comme celle d’un deus ex machinadont l’intervention va permettre de trancher le nœud inextricable de complotsourdis par Richard.

Shakespeareprésente Richmond comme un être idéal : partisan de la paix mais valeureuxau combat, il est optimiste, humble, confiant dans l’avenir car il sait que sacause est juste. Il est magnanime, puisqu’il offre son pardon à ceux quicombattaient sous la bannière de Richard, s’ils acceptent de rejoindre sesrangs. C’est lui qui clôt la pièce, en proclamant l’ouverture d’une ère deprospérité :

« Enfin nosplaies civiles sont fermées, et la paix renaît.

Dieu veuillequ’elle vive ici longtemps ! »

Now civil wounds are stopp’d, peace lives again:
That she may long live here, God say amen!

Lepersonnage est l’exacte antithèse de Richard, dont le monologue ouvre la pièce,annonçant un spectacle de trahisons et de vilenies. Richmond est tout ce queRichard n’est pas : loyal, honnête et droit. En outre, c’est un hommehabité par une grande foi en Dieu, aussi le spectateur a-t-il l’impression devoir un saint en la personne de Henri Tudor, comte de Richmond. C’est le butrecherché par Shakespeare, car cet homme parfait est le grand-père de lasouveraine régnant quand la pièce fut créée, Élisabeth Ire. Henriest le premier de la lignée des Tudor, et son accession au trône doit êtremontrée comme la fin d’une période de guerre et le début d’une périodeheureuse. En outre, les prétentions au trône d’Angleterre de Henri sontprésentées comme plus solides que celles de Richard, ce qui est unejustification de plus à son accession au trône.

Laréalité est quelque peu différente. Les prétentions au trône de Richard étaientbeaucoup plus solides que celles de Henri, et la pièce peut donc être vue commeun ouvrage de propagande visant à justifier la présence des Tudor sur le trône.En outre, Henri n’était pas le saint homme que décrit Shakespeare ; iln’était sans doute ni meilleur ni pire que ses contemporains. Il régna surl’Angleterre de 1485 à 1509, et mourut à l’âge de cinquante-deux ans. Son filsHenri, huitième du nom, lui succéda. Précisons enfin que c’est le dernier roid’Angleterre à avoir conquis sa place sur le trône sur un champ de bataille. 

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