Richard III

par

Les princes, enfants d’Édouard IV

Ce sont les fils du roi, neveux de Richard, âgés de treize et dix ans. Ils sont un obstacle majeur sur la route de leur oncle vers le trône, puisqu’en cas de décès du roi, ils sont les héritiers de la couronne. Richard doit donc s’en débarrasser.

Quand Édouard IV meurt, Richard est le tuteur de ses neveux, et c’est pour les protéger, dit-il, qu’il les fait enfermer à la Tour de Londres. Cela fait, Richard répand le bruit que ces deux enfants sont illégitimes et qu’à ce titre la couronne ne peut leur revenir. Mais cela ne lui suffit pas, et il va commettre son crime le plus odieux en faisant assassiner les deux enfants. L’acte est tellement abominable que même les hommes de main qui ont étouffé les deux enfants en sont bouleversés, comme le montre Shakespeare :

« Oh ! Disait Dighton, ils étaient couchés ainsi, les charmants petits !

Ainsi, ainsi, disait Forrest, les innocents

s’enlaçaient l’un l’autre de leurs bras d’albâtre :

leurs lèvres étaient quatre roses rouges sur la même tige,

se baisant toutes, dans l’épanouissement de leur beauté.

Un livre de prières était posé sur leur oreiller […]

Nous avons étouffé

le chef-d’œuvre le plus charmant

que, depuis la création, ait jamais formé la nature. »

“’Lo, thus’ quoth Dighton, ‘lay those tender babes:’
‘Thus, thus,’ quoth Forrest, ‘girdling one another
Within their innocent alabaster arms:
Their lips were four red roses on a stalk,
Which in their summer beauty kiss’d each other.
A book of prayers on their pillow lay;
Which once,’ quoth Forrest, ‘almost changed my mind;
But O! the devil’ — there the villain stopp’d
Whilst Dighton thus told on: ‘We smothered
The most replenished sweet work of nature,
That from the prime creation e’er she framed.’”

Les deux enfants réapparaissent sur scène à la fin de la pièce, la veille de la bataille de Bosworth, et hantent les rêves de Richard et de Henry Tudor, pour maudire l’un et bénir l’autre.

Ces deux personnages, que l’on voit peu sur scène durant la pièce, occupent pourtant une place très importante dans l’imaginaire du public. En effet, ils incarnent la plus parfaite innocence, celle de l’enfance, victime de la brutalité d’un homme. En se rendant coupable du meurtre de ses neveux, le personnage de Richard commet le crime absolu, celui que rien ne peut justifier. Cet assassinat démontre la vilenie totale du personnage qui ne recule devant rien pour parvenir à ses fins.

Dans la réalité, le sort des enfants d’Édouard, puisqu’il est d’usage de les désigner ainsi, reste un mystère. Ils furent effectivement enfermés à la Tour en avril 1483, et disparaissent. Il est probable qu’ils furent assassinés, mais par qui ? Richard a été désigné comme coupable par son vainqueur, Henry Tudor, le Richmond de la pièce, mais lui-même avait les mêmes raisons de faire occire les petits princes. Toujours est-il que le sort des enfants d’Édouard demeure un des plus épais mystères de l’Histoire d’Angleterre.

En 1674, on retrouva dans la Tour une caisse contenant les ossements de deux jeunes garçons. Étaient-ce ceux des jeunes princes ? Toujours est-il que le roi Charles II les fit enterrer parmi les dépouilles royales de l’abbaye de Westminster. 

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