Claudine à l'école

par

Antonin Rabastens

Nouvellement nommé à l’école de Montigny, il enseigne aux garçons. L’accent chantant de ce méridional sympathique est des plus exotiques en ce petit village bourguignon, et Colette ne manque pas de le transcrire avec humour. Ce garçon, « bon enfant qui fait le beau », est aussi chargé d’enseigner le chant aux grandes filles de l’école. Il tente de les charmer et le « beau sous-maître galant et barytonneur » affiche maladroitement « des sourires de placier en vins », se croyant irrésistible. Les grandes filles ne sont pas dupes et essayent sur lui les armes de leur jeune charme, tout en se moquant de lui. À la fin du roman, il est le nouveau soupirant en titre de Claire, la sœur de communion de Claudine. Colette campe le personnage de façon comique, mais l’attitude de Rabastens est plus que discutable : jamais les hussards noirs de la République n’ont eu le droit d’admirer les formes juvéniles des élèves dont ils avaient la charge. Antonin Rabastens pose sur les filles de l’école des regards qui le mèneraient aujourd’hui devant une commission de discipline, prélude à son exclusion de la profession d’enseignant. 

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