Claudine à l'école

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Résumé

C’est dans le village de Montigny, au milieu des forêts et des prés, que vit Claudine, adolescente de quinze ans. Elle est élevée par un père indulgent, un doux intellectuel qui s’intéresse davantage à ses études sur les limaces qu’à sa fille unique. Claudine est une jeune fille remarquablement intelligente, très douée pour l’écriture et la musique. Elle passe de longues heures dans la bibliothèque paternelle où elle puise quantité de livres, classiques ou modernes. Elle s’est construit une solide culture littéraire, telle que n’est pas censée posséder une jeune fille de son temps. Mais sa grande affaire quotidienne, là où elle s’amuse vraiment, c’est l’école du village. Là, elle retrouve ses camarades : la grande Anaïs, longue fille au teint jaunâtre et au caractère fourbe ; Marie Belhomme, belle paysanne qui a la malice d’un innocent enfant de huit ans ; et les jumelles Jaubert, silencieuses et dissimulées. Celles-ci font partie des « grandes », celles qui vont tenter d’obtenir à la fin de l’année le Brevet élémentaire qui marque la fin des études pour la plupart des jeunes gens de cette fin du XIXe siècle. Elles jouent encore à des jeux d’enfants, se poursuivent dans la cour, disputent des parties de billes et dévorent les crayons qu’on leur donne en fournitures scolaires. Mais quinze ans, c’est aussi l’âge où le corps et l’âme sont traversés par certains émois, et si ces jeunes filles pas vraiment innocentes ne savent pas encore analyser tout ce qui se passe en elles, les adultes qui les entourent possèdent déjà toutes les règles de jeux ambigus.

Cette nouvelle année à l’école est marquée par de grands évènements : on démolit l’ancien bâtiment pour le remplacer par des locaux tout neufs. Mais surtout, arrivent de nouveaux maîtres. Il y a d’abord Mlle Sergent, femme laide et autoritaire dont l’allure en impose, accompagnée de la mignonne Mlle Aimée Lanthenay. Elles auront la charge des classes de filles. Arrivent aussi Antonin Rabastens, avenant Marseillais persuadé qu’il est doté d’un charme irrésistible, et Armand Duplessis, surnommé Richelieu. Ils instruiront les garçons. Tout ce monde s’installe à Montigny. Très vite, une relation de tendre affection s’installe entre Claudine et Mlle Lanthenay, faite de câlineries et d’embrassades. Mlle Sergent a tôt fait de mettre fin à cette amitié, et Claudine comprend vite que la directrice entend garder Aimée pour elle seule. Un étrange climat s’installe dans l’école, où les élèves stupéfaites voient grandir entre les deux femmes une affection dont elles dissimulent à peine les signes.

Un qui ne voit rien, c’est le nouvel instituteur, Armand Duplessis. Il tombe fou amoureux d’Aimée. Le joli petit couple va même jusqu’à se fiancer. Mais c’est compter sans l’arrivée inopinée du docteur Dutertre. Il est conseiller municipal et c’est le protecteur de Mlle Sergent. Il a une ambition, celle de devenir député. En attendant ce jour, il visite régulièrement l’école où il aime à examiner de très près – n’est-il pas médecin ? – les grandes filles qui vont présenter le Brevet, particulièrement cette Claudine aux yeux si intelligents et à l’allure si peu paysanne. Mais pour l’heure, c’est sur Aimée Lanthenay qu’il jette son dévolu et il la suit de tellement près que même les élèves sont alertés. Le malheureux fiancé a enfin vent de la chose et décide de casser la figure du conseiller. Cela provoque un épouvantable scandale et le jeune instituteur est déplacé.

Le temps passe. La relation entre la directrice et son adjointe est visible de tous. Le bel Antonin Rabastens donne des cours de chant aux grandes élèves et déploie des trésors de séduction – du moins le croit-il. Une nouvelle élève arrive dans l’école, Luce, la petite sœur d’Aimée Lanthenay. La jeune fille doit elle aussi présenter le Brevet. Câline comme une chatte, comme sa sœur elle tente de gagner la tendre amitié de Claudine, qui trouve plus amusant de la battre de temps en temps.

Claudine grandit et jour après jour, peu à peu, quitte le monde de l’enfance et ses jeux. Bientôt le moment de présenter le Brevet arrive. Mademoiselle Sergent accompagne les candidates au chef-lieu pour les quelques jours de l’examen.

Les jeunes filles passent d’abord des épreuves écrites, qui leur ouvrent ou non les portes des épreuves orales. Il fait chaud, les épreuves sont difficiles et rébarbatives, faites d’écriture, de dictées compliquées, de problèmes presque insolubles, de connaissances inutiles dans la vraie vie et ne concernent, hélas, que des sujets arides. Cependant, après bien des émotions, Claudine et la plupart de ses camarades sont reçues. Elles rentrent triomphalement à Montigny où l’on prépare une grande fête : un ministre, ami du docteur Dutertre, doit venir en visite !

C’est l’effervescence dans la petite cité, tout le monde prend participe aux préparatifs des festivités. Les jeunes filles de l’école passent des heures à fabriquer les fleurs en papier qui orneront les murs de la nouvelle école. Quand le ministre arrive, c’est la fête au village. On mange, on rit, on danse, on s’amuse. On boit aussi, trop. C’est ce qui arrive au docteur Dutertre, enivré par le succès et l’alcool, qui finit par disparaître trop longtemps avec la directrice… Et c’est la mère de celle-ci qui fait éclater un nouveau scandale en surprenant le couple et en chassant l’indélicat conseiller en chemise sans lui laisser le temps de se vêtir. C’est le point d’orgue égrillard de cette histoire champêtre qui marque les adieux de Claudine au monde de l’enfance. Dans quelques semaines elle quittera Montigny et partira pour Paris.

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