Les Misérables

par

Fantine

L’œuvre s’ouvre sur le portrait d’un homme juste nommé Charles-François-Bienvenu Myriel. L’évêque de Digne est un vieillard qui a dépassé les soixante-dix ans. Nous sommes en 1815 et Mgr Myriel est à la tête de l’évêché depuis neuf ans. L’auteur, bien que n’en voyant pas la pertinence pour l’histoire globale, décide de partager avec le lecteur les origines de cet homme, de sa famille, de sa vie avant qu’il n’embrasse la religion, les rumeurs sur son compte.

Début octobre, un bagnard nommé Jean Valjean, presque la cinquantaine, entre dans la ville de Digne. Sa robustesse couplée à son aspect misérable attirent l’attention des habitants qui l’épient à travers leurs fenêtres. À la recherche d’un gîte, il est repoussé par les aubergistes et c’est Mgr Myriel qui l’accueille sous son toit. Cet homme au torse poilu et au visage brûlé par le soleil a été condamné vingt ans plus tôt au bagne pour avoir volé du pain. Myriel lui rappelle, citant les Saintes Écritures, qu’« il y aura plus de joie au ciel pour le visage en larmes d’un pécheur repentant que pour la robe blanche de cent justes ». Après quoi, Mme Magloire, au service de l’évêque, sert un souper copieux. Le bagnard, après avoir mangé à satiété, peut se reposer sur un bon lit. Malgré l’extrême bonté de son hôte, il se lève au milieu de la nuit, vole l’argenterie, et s’enfuit en passant par la fenêtre de l’oratoire.

Le lendemain, alors que l’évêque est attablé en compagnie de sa sœur et de Mme Magloire, outrée par la conduite du bagnard, on frappe à la porte. Il s’agit de trois gendarmes et de Jean Valjean, qu’ils ont arrêté. À la grande surprise de ce dernier, l’évêque l’innocente en expliquant au brigadier en chef qu’il a donné l’argenterie de lui-même à Jean Valjean ; il fait en outre remarquer à l’ancien bagnard qu’il a oublié les chandeliers. Jean Valjean est ahuri. Devant les gendarmes, l’évêque apporte les deux flambeaux et les lui remet. Après avoir demandé aux gendarmes de disposer, Mgr Myriel rappelle au forçat la promesse qu’il lui a faite d’employer l’argent obtenu de la vente de ces biens à devenir un homme honnête. Le forçat ne se souvenant pas d’une telle promesse est interloqué et l’évêque lui fait comprendre qu’il doit changer, qu’en lui offrant ces objets, c’est son âme qu’il a rachetée.

En chemin Jean Valjean vole une pièce de quarante sous à un enfant savoyard nommé Petit-Gervais. Quelques minutes après, le forçat est comme dans un état second et pris de remords ; il se lance à la poursuite de l’enfant. Il croise alors un curé à cheval, lui remet deux pièces de cinq francs et s’enquiert du Petit-Gervais. Le curé répond qu’il ne le connaît pas et que s’il s’agit d’un enfant étranger à la région, il sera difficile de le retrouver. Jean Valjean lui remet deux autres pièces et lui demande de l’arrêter car il est un voleur. Le curé, apeuré, détale. Éprouvant un repentir sincère, le forçat fond en larmes, pour la première fois depuis dix-neuf ans. Il se remémore les paroles de l’évêque et prend dès lors la ferme résolution de s’évertuer à devenir un homme honnête.

Deux années plus tard, nous sommes en 1817. Après un chapitre dédié aux faits marquants de cette année, l’auteur parle de quatre étudiants parisiens originaires de provinces différentes : un Toulousain, un Limousin, un Cahorsin et un Montalbanais qui se nomment respectivement Félix Tholomyès, Fameuil, Listolier, Blachevelle. Nous sommes en août et ces quatre jeunes gens sont attablés en charmante compagnie. L’une des demoiselles présentes se prénomme Fantine. Blonde, belle et candide, Fantine est l’amante de Tholomyès. Il est son premier amour. Elle l’aime passionnément tandis que lui la considère comme une passade. Elle se retrouve donc affligée lorsqu’il rentre dans sa province, l’abandonnant enceinte et sans ressources. En 1818, elle met au monde une petite fille qu’elle baptise Cosette.

Ayant pris la décision de rentrer à Montreuil-sur-Mer, sa ville natale, pour y trouver du travail, elle passe par Montfermeil. Elle y rencontre les Thénardier, un couple d’aubergistes. Ils ont deux filles : l’une de deux ans et demi, l’autre de dix-huit mois. Fantine s’est approchée de leur gargote attirée par le chant de la mère Thénardier, assise à l’extérieur où elle berce ses deux filles. L’enseigne de leur auberge est ornée d’un tableau montrant un homme qui en porte un autre sur le dos. Le porteur, tout comme sa charge, sont vêtus de tenues militaires. Il s’agit du père Thénardier, habillé en sergent de l’armée française, en train d’aider un camarade blessé. Il fait nuit et Fantine porte dans ses bras Cosette endormie, âgée de deux ou trois ans. Tandis que sa fille est un véritable petit ange aux joues roses et au visage exquis, Fantine, elle, est amaigrie. Elle a perdu sa beauté d’antan. Elle raconte son histoire à cette mère, en la modifiant légèrement. Cosette, qui s’est réveillée, court s’amuser avec les filles Thénardier. Sa mère est ravie du tableau, et écoutant son cœur et les paroles de son interlocutrice, qui semble tout aussi séduite, elle décide de confier Cosette au couple. Ils acceptent pour cinquante-sept francs d’avance. Cette somme couvrira les six premiers mois de garde et il est convenu qu’à partir du septième mois, Fantine devra mensuellement verser six francs. La jeune mère passe la nuit à l’auberge et s’en va le lendemain matin, laissant sa fille derrière elle. Les Thénardier se révèleront en fait des gens malfaisants et la vie de la petite Cosette chez eux sera infernale. En effet les filles Thénardier la malmènent et dès qu’elle atteint l’âge de cinq ans, la famille en fait une servante. Les habitants de Montfermeil et des environs la surnomment l’« Alouette » car la petite est levée avant tout le monde, toujours à travailler. Elle mène la vie d’une véritable esclave sous le toit des Thénardier.

Fantine, de son côté, arrive à Montreuil en 1818 et découvre, surprise, une ville en plein essor. Son développement, Montreuil le doit surtout à l’industrie mise sur pied par M. Madeleine, connu pour avoir sauvé par le passé les deux enfants du capitaine de gendarmerie d’un incendie. Cet homme mystérieux qui refuse les honneurs emploie tout le monde à une seule condition : être honnête. Arrivé dans la ville en 1815, il refuse plusieurs fois d’être décoré ou nommé à quelque poste de responsabilité que ce soit. Seulement, sous la pression constante des habitants et du préfet, il finit par céder et devient maire de la ville en 1820. Cet « aventurier », comme l’appelle ses administrés, est en fait Jean Valjean.

Un matin, alors qu’il traverse une ruelle de sa commune, M. Madeleine sauve le père Fauchelevent. L’inspecteur Javert assiste à la scène. Cet homme obsédé par l’autorité et ayant servi au bagne de Toulon, où Jean Valjean est demeuré vingt ans, le reconnaît. Il déclare alors au milieu de la foule amassée que cet homme qu’ils admirent est en fait un forçat. M. Madeleine le nie. Bien que le maire fasse l’unanimité, Javert est décidé à précipiter sa chute.

Entretemps, Fantine a trouvé du travail dans les ateliers de M. Madeleine et malgré le maigre salaire, à la hauteur de ses compétences du moins, elle survit. Elle paye régulièrement la pension réclamée par les Thénardier. Les lettres qu’elle leur adresse éveillent la curiosité de ses collègues. Elle a en outre retrouvé un peu de couleur et sa beauté lui attire aussi la jalousie des autres femmes, notamment celle de Mme Victurnien, la surveillante de l’atelier, une commère invétérée. Afin d’assouvir sa curiosité et de causer la perte de Fantine, elle se rend à Montfermeil et lorsqu’elle revient en ville, elle se dépêche de révéler l’existence de Cosette à tout le monde. Victurnien renvoie la malheureuse, après un an de bons et loyaux services, avec pour tout dédommagement cinquante francs. La femme a fait croire à Fantine que M. Madeleine est le responsable de son renvoi. Dès lors, la jeune femme nourrit de la rancœur contre cet homme qui ignore pourtant tout de cette injustice.

Ce renvoi est un malheur de plus dans la vie de Fantine car les Thénardier qui avaient déjà fait passer la pension de six à douze francs en réclament à présent quinze. Ne pouvant quitter la ville, car elle y a des créanciers, Fantine est obligée de vendre tout d’abord ses beaux cheveux blonds. Harcelée par les Thénardier qu’elle ne peut plus payer totalement, elle doit même vendre ses dents, puis son corps.

Janvier 1823 ; nous sommes en hiver et il a neigé. Fantine, souffrante, arpente néanmoins les trottoirs à la recherche de clients. Elle passe devant la vitre du café des officiers à l’intérieur duquel est assis un bourgeois nommé M. Bamatabois. Il fume et chaque fois que la jeune femme passe devant lui, il dirige les bouffées de son cigare vers elle. Il l’insulte, se moque d’elle, de sa laideur, de sa bouche édentée. La jeune femme reste stoïque. Bamatabois, probablement vexé par son indifférence, s’avance doucement derrière elle, et ramasse de la neige qu’il lui envoie dans le dos. La jeune femme se retourne et se bat farouchement contre le malpoli. Javert, arrivé sur les lieux, l’arrête et la condamne à six mois d’emprisonnement. Bamatabois, lui, s’est déjà éclipsé. M. Madeleine, ayant appris l’injustice faite à Fantine ainsi que son emprisonnement décide de la faire libérer. Lorsqu’il se retrouve face à elle et qu’elle découvre son identité, elle lui crache dessus. Le maire demande tout de même à Javert de la relâcher. Après maintes contestations, Javert est congédié par le maire et Fantine se retrouve libre.

Madeleine s’attèle à sa guérison, il la fait soigner et envoie le montant de la pension aux Thénardier. Un jour, alors qu’on entend plus vraiment parler de lui, Javert vient présenter des excuses au maire pour sa méprise. Il affirme que Jean Valjean, le forçat qui ressemble à M. Madeleine, a été retrouvé à Ailly-le-Haut-Clocher, où il se faisait appeler Champmathieu. Javert ajoute que le bonhomme est aux arrêts mais sera bientôt transféré à la prison départementale, à Arras, où il sera jugé. L’esprit du maire est en butte à mille et un tourments mais il est devenu un homme honnête et refuse qu’un innocent soit enfermé à sa place. Il se rend donc au tribunal et se dénonce devant Javert, éberlué. Ce dernier l’arrête dans les appartements de Fantine. La jeune femme décède tantôt sans avoir pu assouvir son plus grand désir : revoir sa petite Cosette.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Fantine >