Les Misérables

par

Jean Valjean

Au débutdu cinquième tome, l’auteur évoque les deux plus mémorables barricades del’insurrection. Il précise qu’elles n’appartiennent pas à l’histoire de celivre et datent d’une période ultérieure (juin 1848). Nous sommes le 6 juin1832, et les insurgés de la barricade Saint-Merry, affamés, se rendent comptede leur potentiel échec. Enjolras interdit de boire étant donné qu’il n’y a pasde nourriture ; il faut organiser minutieusement la consommation desspiritueux. Malgré leur infériorité évidente, les insurgés ne veulent pasabandonner. Enjolras et Marius enjoignent tous ceux qui ont une famille àsortir des rangs et à quitter la barricade. Personne ne bouge et c’est àgrand-peine que Combeferre, Enjolras et Marius décident cinq hommes à lesquitter. Pour s’en aller sans danger, ils doivent revêtir des vêtementsappartenant à la partie adverse. Or, il n’y a que quatre uniformes. Soudain, unautre uniforme de la garde nationale vient s’ajouter aux quatre autres. Celui quile leur lance n’est autre que Jean Valjean arrivé à la barricade en passant parla ruelle Mondétour.

Lesinsurgés tiennent tête aux troupes loyalistes et la mort du sergent descanonniers excite leur colère ; les soldats sont bien décidés à mettre unterme à l’insurrection. Les balles fusent et les réserves des insurgéss’amenuisent de manière inquiétante. C’est alors que ce produit l’une desscènes les plus emblématiques de l’œuvre : Gavroche s’élance hors de labarricade et ramasse les balles qu’ont laissé tomber les troupes. Ce faisant ilchantonne en narguant les adversaires. Les balles sifflent dans sa direction etla cinquième balle arrive alors qu’il entame le troisième couplet de son chant.Le garçon joue avec la mort et une balle mieux ajustée finit par l’atteindre,il tombe. Une deuxième balle du même tireur l’achève et l’empêche de terminerle couplet qu’il a entamé. Horrifiés, dévastés, les insurgés assistent à lamort de Gavroche.

Enjolrasfait l’honneur à Jean Valjean de le laisser abattre Javert. Au même moment,Marius, du haut de la barricade, lance l’alerte et les insurgés se ruent versl’extérieur. Javert se moque d’eux et sachant son sort scellé leur crie « Àtout à l’heure ». Une fois seuls et hors de vue des autres, Jean Valjeanrend à Javert sa liberté et lui donne même son adresse, car le forçat ne pensepas sortir vivant de cette insurrection. Javert éberlué croit d’abord à unefarce et demande à son vis-à-vis de l’abattre. Mais Jean Valjean lui rend saliberté et tire en l’air pour faire croire à ses camarades qu’il l’a abattu. Ilretourne ensuite à la barricade qui ne tarde pas à entrer en agonie. En effet,les insurgés tombent les uns après les autres : Bossuet, Feuilly,Courfeyrac, Joly, Combeferre. Marius lui n’est que blessé, principalement à latête. Seul Enjolras n’est pas encore atteint. Alors que Marius cède àl’évanouissement, une main vigoureuse le rattrape. Il pense à sa bien-aiméequ’il ne reverra plus car il est convaincu qu’il sera fusillé. Bien qu’Enjolrasait pu s’enfermer dans une pièce avec le reste des insurgés, ils sontdécouverts par les troupes adverses. Enjolras se donne à ses adversaires,croisant les bras dans le dos et offrant son torse. Les autres l’imitent et ilsont tous abattus.

La mainvigoureuse qui a soutenu Marius est celle de Jean Valjean. Ce dernier chargel’amant de sa fille sur ses épaules et s’enfuit à travers les égouts étriquésde Paris, poursuivi par la police. Il finit par atteindre une grille par laquelleil pourrait se sauver ; là, il fait une rencontre inopinée, celle de Thénardier.Ce dernier a la clef de la grille et ne reconnaît pas Jean Valjean qui lui areconnu l’ancien aubergiste. Celui-ci, pensant que Jean Valjean a tué Marius,lui demande la moitié de la bourse du défunt en échange de la clef. Dès queJean Valjean traverse la grille, il est appréhendé par Javert qui attendait làque Thénardier se montre. Jean Valjean se rend à deux conditions : queJavert lui permette de ramener Marius, toujours inconscient, auprès de songrand-père, et qu’il puisse se rendre chez lui une dernière fois. Javertaccepte ; il amène le forçat chez lui, puis l’abandonne là et s’en va.Depuis que Jean Valjean s’est montré généreux envers l’inspecteur, ce dernierest complètement perdu, ses convictions s’en sont trouvées ébranlées. Perturbé,Javert se suicide en se jetant dans la Seine.

Mariusse rétablit et son grand-père accepte qu’il épouse Cosette. De son côté, JeanValjean verse à sa fille une dot de six cent mille francs via un legs anonyme.Il s’agit de la somme qu’il avait cachée en 1823, avant sa réincarcération aubagne de Toulon. Séparé de sa fille, esseulé et solitaire, d’autant plus qu’ila avoué son ancien statut de bagnard à Marius, Jean Valjean meurt tout de mêmedans les bras de sa Cosette. Juste avant, Marius aura appris par Thénardier,venu solliciter une aide financière en lui brandissant un morceau qu’il avaitdéchiré à son habit dans les égouts, croyant dénoncer un forfait de JeanValjean, que celui-ci lui a sauvé la vie, et en outre qu’il a fait légitimementfortune en tant que M. Madeleine, et enfin qu’il a épargné Javert, ce qui rend lejeune homme éperdu de remords et de reconnaissance. Jean Valjean est cependant enterréanonymement, conformément à ses dernières volontés.

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