Les Misérables

par

Marius

Le troisième tome débute avec une description très particulière de Paris et d’un enfant qui habite dans la rue. Cet enfant c’est Gavroche, qui a délaissé le foyer familial, la masure Gorbeau, et lui a préféré cette vie. Néanmoins, il lui arrive parfois de penser à sa mère et de faire un tour à la maison. La famille est extrêmement pauvre et le père dit s’appeler Jondrette. Gavroche a deux sœurs. Le voisin des Jondrette est un jeune homme prénommé Marius. Tout aussi démuni, il est pourtant issu d’une famille bourgeoise. Son père, le colonel baron d’Empire Pontmercy, s’est vu arracher, sous la Restauration, alors qu’il est assigné à résidence dans l’Eure, la garde de son fils par son beau-père royaliste, M. Gillenormand, au décès de la mère du petit. Le père de Marius avant de mourir laisse à son fils la mission d’aider celui qu’il avait pris pour son sauveur, le prétendu sergent Thénardier. Tout comme son père, Marius a désormais des aspirations politiques. Cette passion déplaît à son grand-père qui le met à la porte. Marius s’en est donc allé dans la nuit, sans prévenir personne, sans destination précise, et avec pour toute fortune trente francs. Il fait la rencontre et se lie d’amitié avec de jeunes révolutionnaires réunis dans le groupe des Amis de l’ABC. Leur nom est basé sur un calembour : ABC renvoie au peuple qui a besoin de redressement car il est « abaissé ». Ce groupe, surtout formé d’étudiants et de quelques ouvriers, se réunit principalement dans une salle à l’arrière du café Musain, dans le quartier latin. Ses chefs de file sont Enjolras, Combeferre, Jean Prouvaire, Feuilly, Courfeyrac, Bahorel, Lesgle ou Laigle, Joly et Grantaire. C’est une sorte de famille ; presque tous (sauf Laigle) sont originaires du Midi.

Un jour, alors que Laigle de Meaux est adossé au café Musain à penser à une mésaventure qu’il a vécue la veille à l’école de droit, il aperçoit un jeune homme avec ce nom, Marius Pontmercy, cousu à l’avant de son gros sac de nuit. Ce nom fait réagir Laigle qui interpelle le jeune homme. Marius, d’abord perplexe, est rassuré lorsqu’il se rend compte que celui qui l’a hélé est un camarade de classe. Courfeyrac le conduit tantôt à l’hôtel de la Porte-Saint-Jacques où il a lui-même une chambre. Courfeyrac et Marius deviennent donc voisins de chambre. Alors que son grand-père le regrette, Marius, lui, est heureux, son amertume s’est envolée et la souffrance l’a endurci. Bien qu’il ait des amis, il vit en solitaire. Il survit grâce à des traductions qu’il effectue. Néanmoins, les factures de la chambre d’hôtel sont trop élevées pour sa maigre bourse. Il obtient son diplôme d’avocat mais pense que les méandres de la plaidoirie sont ennuyeux et décide donc de ne pas s’en servir. Il préfère travailler dans des librairies et l’un de ses patrons, M. Magimel, en vient à lui faire une offre très intéressante. Marius, très attaché à son indépendance, la refuse. Il aime se promener longuement en rêvant sur les boulevards extérieurs, au Champ-de-Mars ou au jardin du Luxembourg. C’est au cours d’une de ses promenades qu’il remarque la masure Gorbeau où il s’installe. Un jour, au milieu de l’année 1831, la vieille qui loge Marius lui révèle que les Jondrette vont être mis à la porte car ils sont incapables de payer le loyer. Marius éprouve de l’empathie pour cette famille qu’il ne connaît pourtant que depuis peu. Il s’enquiert de ce qu’ils doivent. La dame lui répond vingt francs. Le jeune homme, qui a trente francs de réserve, remet vingt-cinq francs à la dame, lui demande de payer les vingt francs et de remettre cinq francs à la famille. Néanmoins, il désire rester anonyme.

Bien qu’il soit miséreux, Marius est un très beau jeune homme. Les jeunes filles se retournent sur son passage parce qu’il est gracieux, mais le jeune homme se sauve ou se cache car il pense que les demoiselles trouvent son allure curieuse et se moquent de ses guenilles. Ce quiproquo conduit le jeune homme à n’en aborder aucune. Courfeyrac se moque parfois de sa situation, l’appelant « monsieur l’abbé ». Depuis près d’un an, Marius a remarqué un vieil homme, d’environ soixante ans, que les étudiants surnomment M. Leblanc, et une adolescente qui l’accompagne, qui aiment à se promener dans les allées du Luxembourg. Pendant les six mois suivants, Marius ne s’y rend plus, mais un jour, il y retourne et manque ne pas reconnaître la fille assise près du vieil homme. Elle doit avoir quinze ans et a énormément changé – « son avril était venu ». Elle est particulièrement belle et le jeune homme timide hésite à croiser son regard la première fois. La seconde fois qu’il passe près de la jeune fille transformée, elle lève ses yeux bleus vers lui. Pour elle, c’est un échange quelconque tandis que pour Marius c’est presqu’un coup de foudre. Il pense sans cesse à elle et se rend au jardin pour pouvoir la revoir et la contempler. Un jour, il décide de suivre le père et la fille afin de découvrir leur domicile. Le père le remarque, se retourne et jette au jeune homme un regard désapprobateur. Pendant les jours qui suivent, Marius continue de se rendre au jardin dans le but d’apercevoir la belle. Malheureusement, le couple est absent. Il s’arme alors de courage et se rend à l’immeuble où vivent père et fille. Il s’enquiert de ces deux personnes auprès du portier qui lui révèle qu’ils ont déménagé la veille. Marius est interloqué et manque défaillir lorsque le portier ajoute qu’ils n’ont pas laissé d’adresse.

À la masure Gorbeau, Marius a pour seuls voisins les Jondrette, car les autres locataires sont morts ou ont été jeté dehors faute de paiement. Nous sommes à l’hiver 1831, le 2 février. Le soleil brille timidement cet après-midi-là. Le soir, Marius sort chercher à dîner et ramasse un petit paquet en chemin. Il pense qu’il s’est échappé des mains de deux jeunes filles en haillons qui l’ont bousculé alors qu’elles fuyaient la police. Il se rend compte bientôt que les deux créatures indigentes qu’il a aperçues sont les filles des Jondrette, ses voisins. Un matin, la famille attend l’arrivée d’un bienfaiteur croisé par les filles alors qu’elles mendiaient. Marius se trouve sur le palier de sa porte. Le bienfaiteur arrive et promet de revenir le soir même pour payer le loyer des Jondrette. Il s’agit du vieil homme, « M. Leblanc », qui est comme toujours accompagné de la jolie jeune fille. Marius est ravi de les avoir retrouvés, et décidé à ne plus perdre de vue sa bien-aimée. Seulement, il n’a pas d’argent pour les filer et doit vite déchanter. De retour chez lui, il est surpris par le tapage provenant du domicile des Jondrette. Le père Jondrette aurait reconnu leur bienfaiteur et estime que l’enlèvement de sa fille le forcerait à verser une rançon élevée. Il prépare donc un piège à l’intention de cet homme qui veut pourtant leur tendre la main. Marius, inquiet, se rend à la police afin d’y relater les récents évènements. Il y rencontre un inspecteur qui se montre très attentif à son récit. Avant que le jeune homme ne sorte, l’inspecteur ajoute qu’il est disponible et que s’il a besoin d’aide, il n’aura qu’à revenir au poste et à demander l’inspecteur Javert.

Marius décide d’épier Jondrette et le suit à travers la rue Mouffetard. Il est interrompu dans sa filature par Courfeyrac et Bossuet. Jondrette va en fait quérir des malfaiteurs. Étant donné que Jondrette a disparu et que la nuit est avancée, Marius décide de rentrer chez lui et de se tenir à une distance d’où il peut observer les faits et gestes de ses voisins. Alors qu’il vient à peine de passer la porte et de déposer quatre louis sur la table, le bienfaiteur est saisi par des malfaiteurs qui lui lient pieds et poings. Ils veulent son adresse afin d’aller cueillir sa fille. Le vieil homme résiste et refuse de parler. Marius planqué, revolver en main, entend et voit tout. Le père Jondrette révèle alors à son prisonnier sa véritable identité, il ne s’appelle pas Fabantou ni Jondrette mais Thénardier. L’ancien aubergiste n’a pas oublié la dérouillée qu’il a reçue d’un certain Jean Valjean et il a toujours crié vengeance. Le vieil homme serait donc Jean Valjean et sa fille, Cosette. Marius se retrouve dans une situation inconfortable. Il a trouvé Thénardier, cet homme qui aurait sauvé la vie de son père. Il ne sait pas s’il doit aider cet homme à accomplir son dessein, remplissant ainsi sa mission, la dernière volonté de son père, ou s’il doit faire appel à l’inspecteur Javert pour que Thénardier soit arrêté et le vieil homme sauvé. Alors que Marius réfléchit, Javert débarque avec une escouade de sergents armés d’épées et choisit pour lui. Les Thénardier et leurs complices sont arrêtés et le vieil homme s’est esquivé. Javert est très déçu que le prisonnier des Thénardier ait disparu ; il pensait que cet homme serait la meilleure prise de son expédition. Le lendemain, Gavroche arrive devant la masure Gorbeau en chantonnant. Il trouve la porte de la chambre fermée et apprend que sa famille a été arrêtée et emprisonnée. Il rebrousse chemin en chantonnant.

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