Les Misérables

par

Fantine

Fantine est la mère de Cosette. C’est la deuxième misérable à être introduite par Victor Hugo. Son destin rencontre celui de Jean dans le premier tome du cycle littéraire qui porte son nom : Fantine. Alors qu’elle est encore jeune, Fantine se rend à Paris à la recherche d’une vie meilleure. Là, elle rencontre un jeune étudiant bourgeois et fêtard (l’exemple prototype d’un enfant de riches). Aussi naïve qu’ignorante quant à l’espièglerie masculine, Fantine tombe éperdument amoureuse de son partenaire, qui ne la considère que comme une simple aventure sans futur. Abandonnée à elle-même, Fantine se retrouve alors en train d’éduquer sa fille toute seule.

Pour Fantine, la misère la conduit à la prostitution. Caractérisée de « fille-mère » (à cause du fait qu’elle tomba enceinte très jeune), Fantine connait non seulement les difficultés de la vie en tant que mère/parent, mais également les difficultés de la vie en tant que paysanne. Elle amasse déboire après déboire à chaque tentative de recherche d’un emploi, ce qui n’est d’ailleurs pas une tâche facile car à son époque les emplois étaient refusés aux mères célibataires. Bien qu’elle réussisse à trouver un emploi à Paris dans la fabrique de verroterie de Mr Madeleine (alias Jean Valjean), elle se fait renvoyer à la suite de rumeurs d’après lesquelles elle serait une mère célibataire. C’est alors que Fantine touche le fond. Non seulement elle est incapable de se nourrir elle-même, mais elle est aussi incapable de subvenir aux besoins de sa fille Cosette (qui vivait chez les Thénardier. On étudiera cet aspect en détail dans l’analyse du personnage de Cosette). Rongée par la misère, Fantine est forcée à vendre ses dents et ses cheveux, et en fin de compte se livre à la prostitution, et c’est là que Fantine touche le fond : «« Quand elle était dans la rue, elle devinait qu’on se retournait derrière elle et qu’on la montrait du doigt ; tout le monde la regardait et personne ne la saluait ; le mépris âcre et froid des passant lui pénétrait dans la chair et dans l’âme comme une bise. » Ainsi donc, Victor Hugo nous montre comment il est difficile, une fois de plus, de se détacher de la misère.

Si la vie de Fantine est une succession d’échecs et de déceptions, on peut cependant justement assumer que sa rencontre avec Jean Valjean est l’un des évènements les plus heureux de sa vie. Bien que leurs ascensions sociales et économiques soient diamétralement opposées (Jean devient de plus en plus riche en tant que Maire de Montreuil-sur-Mer [sous l’alias de Monsieur Madeleine] et Fantine sombre de plus en plus dans la pauvreté), Jean Valjean arrive dans la vie de Fantine à un moment tellement propice qu’il semblerait presque être son « Bon Samaritain ». Elle le connait premièrement sous le nom de Monsieur Madeleine, car c’est lui qui l’embauche dans sa fabrique de verroterie. Plus tard, lorsque Fantine est sur le point de se faire arrêter et incarcérer (par Javert) pour un incident dont elle n’est pas responsable, Jean Valjean, alias Monsieur Madeleine, prend sa défense en s’opposant à son incarcération : on se rend alors clairement compte du fait que Valjean se serait identifié à Fantine et aurait reconnu en elle le misérable clandestin qu’il était autrefois. Toutefois, les actions de « bon samaritain » de Valjean ne s’arrêtent pas là. Lorsque Fantine tombe gravement malade, il la fait hospitaliser dans son institution et s’assure qu’elle reçoit les meilleurs soins possibles. Fantine se rapproche ainsi de son bienfaiteur et celui-ci, non loin de l’abandonner ; lui promet de lui ramener sa fille Cosette avant que Fantine ne meurt (promesse bien sûr qu’il ne sera pas en mesure de tenir, car l’état de Fantine va se détériorer assez rapidement).

La relation entre Fantine et Valjean nous démontre la solidarité du monde paysan. Bien que Valjean se soit fait ériger à un rang social respectable, il n’oublie cependant pas son passé en tant que misérable, et c’est la raison pour laquelle il est en mesure de se rapprocher émotionnellement de Fantine. Elle lui rappelle des temps où il vivait dans la besogne. Valjean démontre ainsi à Fantine le même amour que l’Abbé Myriel lui avait jadis démontré.

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