Les Misérables

par

Le romantisme dans l’œuvre

Hugo est décrit par ses compères écrivains comme un « romancier inclassable ». Chacun des neuf romans qu’il a laissé comme patrimoine littéraire et culturel porte bien un style différent, qu’ils soient des romans d’analyse ou des romans de faits. Le roman Les Misérables, est à la fois un roman historique et engagé, dans lequel l’auteur dénonce les inégalités sociales de la France au XIXème siècle. Bien que ce roman ait vu le jour alors que le mouvement littéraire réaliste était en plein essor, Les Misérables n’empreinte au réalisme que quelques éléments, et conserve les caractéristiques typiques d’une œuvre romantique.

Premièrement, il y’a les références historiques. Hugo décrit dans son roman la bataille de Waterloo, l’un des conflits les plus importants dans l’histoire de la France, avant la Révolution. Les mentions qui sont faites au sujet de Napoléon et de cette bataille montrent que la France était à une époque de transition. De plus, la Révolution française joua un rôle crucial dans l’édification de cette œuvre. Ayant vécu deux des trois révolutions qui prirent place en France entre le XVIIIème et le XIXème siècle, Hugo utilise son œuvre Les Misérables pour faire passer son opinion politique sur ces évènements qui chamboulèrent le cours de la vie en France. Hugo fait apparaitre le terme « révolution » dans les six premières pages de son ouvrage, où il décrit les conséquences négatives de ce cataclysme politique dans la vie de l’évêque Myriel. Celui-ci fut persécuté, traqué et chassé et ayant été dépossédé de tous ses biens, il dut se réfugier en Italie. Dans un second temps, Hugo montre que la Révolution française est aussi un progrès, soulignant ainsi l’aspect positif de ce bouleversement national. En effet, dans le tome II des Misérables Hugo déclare que la Révolution française est une nécessité sans laquelle la France n’aurait pas pu connaitre la prospérité. Certains personnages dans l’œuvre représentent des partisans de la révolution française. C’est le cas d’Enjolras et de Combeferre, membres de la société révolutionnaire « Les Amis de l’A B C ». Aussi, Marius Pontmercy commence à nourrir lui-même des pensées révolutionnaires lorsqu’il apprend la vérité sur l’identité réelle de son père. Ces pensées remplaceront son esprit royaliste et lorsque Marius rejoint la société des « Les Amis de l’A B C », sa transition de royaliste à révolutionnaire marquera aussi le changement d’opinion de Victor Hugo au sujet de la révolution française.

Ensuite, c’est l’expression du « mal du siècle », qui représente tous les maux qui sont l’objet du mécontentement de l’auteur. Par les personnages de Valjean, Cosette et Fantine, Hugo dénonce la misère du monde paysan. A travers le personnage de Fantine, la « fille-mère », Hugo fait ressortir l’infortune des jeunes filles paysannes qui cherchaient à gagner leur vie, en se rendant à Paris. Fantine, jadis jeune et jolie fille : «Fantine était belle et resta pure le plus longtemps qu'elle put. C'était une jolie blonde avec de belles dents.Elle avait de l'or et des perles pour dot… » Se verra poursuivie par le malheur : délaissée par son amoureux, victime de la rapacité des Thénardier et de la rigueur de Javert, et abandonnée avec une fillette dont elle ne peut s’occuper. Fantine est réduite à la misère, et comme l’auteur le décrit si vraisemblablement, elle avait « une loque qu’elle appelait sa couverture, un matelas à terre et une chaise dépaillée ».

Ensuite, il y’a la passion dans la description des personnages, paysages et scènes. Les œuvres romantiques s’appesantissent sur les détails qui rendent l’intrigue encore plus réelle et vraisemblable. Voici, à titre d’exemple, une description que l’auteur fait de Jean Valjean, a son entrée dans a Digne : « C’était un homme de moyenne taille, trapu et robuste, dans la force de l’âge…Une casquette à visière de cuir rabattue cachait en partie son visage brûlé par le soleil et le hâle et ruisselant de sueur. Sa chemise de grosse toile jaune, rattachée au col par une petite ancre d’argent, laissait voir sa poitrine velue ; il avait une cravate tordue en corde, un pantalon de coutil bleu, usé et râpé, blanc à un genou, troué à l’autre, une vieille blouse grise en haillons, rapiécée à l’un des coudes d’un morceau de drap vert cousu avec de la ficelle… La sueur, la chaleur, le voyage à pied, la poussière, ajoutaient je ne sais quoi de sordide à cet ensemble délabré. Les cheveux…semblaient n’avoir pas été coupés depuis quelque temps. » En fin de compte, Hugo réitère une fois de plus son statut d’écrivain engagé, en prenant position.

En somme, Les Misérables de Victor Hugo est un roman monumental, sans doute l’un de ses meilleurs ouvrages, dans lequel l’auteur accuse les inégalités sociales en France lors de la révolution. Le tout, en exposant au beau jour la misère de la condition ouvrière, représentée ici par les Misérables. Hugo se fait porte-parole de ceux qui n’ont pas de voix et grâce au réalisme et à l’authenticité de cette œuvre, cette voix sera écoutée partout dans le monde ; rendant ainsi cet ouvrage l’un des plus grandes œuvres de la littérature française. Le roman Les Misérables fut l’objet de multiples adaptations cinématographiques et de comédies musicales.

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