Métamorphoses

par

L’art

Ovide sesert de la mise en abyme pour souligner l’importance de l’art. En effet, dans lesMétamorphoses, des récits sontintroduits par des personnages des différents chants. Ils racontent des mytheset des histoires pour illustrer leurs positions, pour transmettre des mises engarde, persuader, impressionner ou amuser. Ainsi, l’art est très présent dans lepoème, qu’il s’agisse de compétitions de chant entre les Muses, de compétitionsde tissage où Arachné participe, ou des amusements des soldats grecs pendant laguerre de Troie.

« Emportée par le désir d’une gloire insensée, ellepersiste dans son entreprise, et court à sa ruine. La fille de Jupiter acceptele défi ; et renonçant à donner des conseils inutiles, elle s’apprête àdisputer le prix. Aussitôt l’une et l’autre se placent de différents côtés.Elles étendent la chaîne de leurs toiles, et l’attachent au métier. »

Mais unaspect qu’il faut souligner est le rôle que remplit l’art en tant que moyen detranscender la souffrance. Cette fonction condamne les personnages qui sontincapables de créer ou d’apprécier l’art tout en permettant un éloge de ceuxqui le peuvent. Phaéton par exemple est incapable d’apprécier l’art qui décoreles portes du palais du Soleil. La même immaturité qui l’empêche d’apprécierl’art l’empêche de comprendre le danger qu’il y a pour lui, trop jeune et tropfaible, à conduire l’un des chars du Soleil. Son entreprise le mène certes à saperte mais manque aussi de peu de détruire le monde. Ovide semble indiquer quele manque de penchant artistique peut être un danger pour soi-même et pour lesautres. 

La plupartdes personnages majeurs des chants d’Ovide font preuve d’un savoir-faireartistique considérable. Dédale parvient à fuir sa prison de Crète en créantdes ailes, Philomèle s’échappe de sa prison physique et de la prison de sonmutisme en brodant un message, Pygmalion crée une statue si belle et précisequ’elle prend vie, et ainsi de suite. Ovide s’identifie à ses personnages endéclarant dans les dernières lignes de son œuvre qu’il vivra pour l’éternité à traverssa création artistique :

« Enfin, je l’ai achevé cet ouvrage que ne pourrontdétruire ni la colère de Jupiter, ni les flammes, ni le fer, ni la rouille desâges ! Qu’il arrive quand il voudra ce jour suprême qui n’a de pouvoir quesur mon corps, et qui doit finir de mes ans la durée incertaine : immorteldans la meilleure partie de moi-même, je serai porté au-dessus des astres, etmon nom durera éternellement. Je serai lu partout où les Romains porterontleurs lois et leur empire ; et s’il est quelque chose de vrai dans lesprésages des poètes, ma renommée traversera les siècles ; et, par elle, jevivrai. »

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur L’art >