Métamorphoses

par

Livre I

Le livre s’ouvre sur l’argument de l’auteur, qui expose son projet de raconter les différentes métamorphoses mythiques. Il justifie ensuite son intention en la rapprochant des métamorphoses du monde lui-même, passé du chaos originel à quatre éléments distincts : l’eau, le feu, la terre et l’air. Il entreprend ensuite de décrire les différents âges qui se sont succédé : d’abord l’âge d’or durant lequel l’homme était naturellement vertueux. Vint ensuite, après que Jupiter eut envoyé Saturne aux Enfers dont il devint le roi (soit la création de la mort), l’âge d’argent, durant lequel furent créées également les quatre saisons. Après vint l’âge d’airain, où les hommes commencèrent à se comporter de façon quelque peu plus violente. Et enfin apparut l’âge de fer, durant lequel l’homme devint un loup pour l’homme : le mal est partout et frappe sans cesse.

         À la même époque, les Géants entreprennent de leur côté de monter jusqu’au ciel en entassant des rochers. Jupiter les foudroie et les enterre sous les roches – mais de cet écroulement naissent encore de nouveaux hommes, pires que les précédents.

         Jupiter s’inquiète de cette nouvelle race, qui lui rappelle le crime commis par Lycaon autrefois : ce dernier, roi irrespectueux des dieux, avait accueilli Jupiter déguisé en mendiant et lui avait servi à manger son propre fils Arcas. Jupiter décide alors de noyer la race humaine dans les flots d’un déluge. Les dieux l’approuvent mais insistent pour qu’il recrée ensuite une nouvelle race humaine, meilleure que la première.

         Seuls survivent au déluge Deucalion et sa femme Pyrrha. Ensemble, ils se rendent à un temple épargné de Thémis, et supplient la déesse de leur indiquer quoi faire pour apaiser le courroux des dieux. Celle-ci leur ordonne de jeter derrière eux les os de leur aïeules, c’est-à-dire des pierres de la terre qui est la mère de tous. Ils obéissent, et chaque pierre jetée devient un être humain.

         La terre de son côté enfante tous les animaux et prend la forme que nous lui connaissons.

 

         Ovide raconte alors l’histoire de la nymphe Daphné. Cupidon, le dieu de l’amour, avait frappé Apollon d’une flèche le rendant éperdument amoureux de Daphné, tandis qu’il avait visé cette dernière avec une flèche créant exactement l’effet inverse. Le dieu poursuit donc la nymphe inlassablement, jusqu’à ce que celle-ci, à bout de forces, supplie son père Pénée de la secourir ; celui-ci la change alors en laurier. Apollon décrète alors que le laurier sera dorénavant l’ornement des grands vainqueurs.

         Vient ensuite l’histoire de Io, dont son père Inachus, un fleuve, pleure l’absence. En réalité celle-ci a été séduite et enlevée par Jupiter, qui avait pour ce faire plongé la terre dans les ténèbres, afin de se cacher de son épouse Junon. Mais celle-ci n’est pas dupe, et descend sur terre à la recherche de son époux infidèle. Prévoyant son arrivée, Jupiter change Io en génisse. Junon admire l’animal et Jupiter le lui offre : la déesse confie alors la génisse au dieu Argus aux cent yeux. La pauvre Io est impuissante, mais réussit enfin à se signaler à son père, qui prend soin d’elle du mieux qu’il peut, en dépit d’Argus.

         Finalement, Jupiter trouve le sort de la nymphe trop cruel et envoie Mercure reprendre la génisse à Argus. Mercure parvient à endormir le monstre en lui racontant l’histoire de la nymphe Syrinx changée en roseau, et le tue dans son sommeil. Ses yeux sont recueillis par Junon qui en pare son oiseau fétiche, le paon. Mais la déesse est toujours en colère. Jupiter la supplie de pardonner à Io. La nymphe reprend sa forme humaine, est élevée au rang de déesse et adorée dans des temples. Elle donne naissance à un fils de Jupiter, Epaphus.   

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