Pour qui sonne le glas

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Résumé

Espagne, hiver 1936-1937. Le pays est ravagé par une horrible guerre civile qui oppose les républicains aux franquistes. Ces derniers se sont révoltés contre le gouvernement légal. Ils sont dirigés par le général Franco, et conquièrent lentement l’Espagne du Sud au Nord. Ils sont puissamment soutenus par l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie, qui ont envoyé du matériel d’une redoutable efficacité, en particulier des avions bombardiers et des chasseurs. Les républicains, pour leur part, sont soutenus par l’Union soviétique mais l’aide apportée n’est en rien comparable à celle que reçoivent les franquistes. De plus, une mobilisation internationale a eu lieu et des gens venus de tous les pays du monde sont là pour défendre la République espagnole contre la force brutale fasciste : ce sont les Brigades Internationales, dont Robert Jordan fait partie.

Robert Jordan est un universitaire américain, un spécialiste de l’espagnol qu’il parle couramment. Il est bien loin de son université, puisque le voici en Espagne spécialisé dans l’utilisation d’explosifs. Il doute pouvoir enseigner un jour aux États-Unis car il sera dorénavant catalogué comme un « rouge », et toutes les portes se fermeront devant lui. Depuis son arrivée en Espagne, il a mené plusieurs attaques avec succès et le général Golz lui confie une mission : faire sauter un pont juste avant le déclenchement d’une attaque républicaine de vaste ampleur. Si le pont est détruit, les renforts franquistes ne pourront êtres acheminés. Cette vaste attaque est connue dans l’histoire comme « l’offensive de Ségovie », qui se solda par un échec des forces républicaines.

Pour l’heure, tout est simple : Robert Jordan doit se rendre dans les montagnes, rejoindre un groupe de partisans républicains, et coordonner les opérations qui doivent mener à la destruction du pont le moment venu. Robert Jordan va donc rejoindre la troupe de Pablo. Ce sont de véritables guérilleros qui étaient autrefois des paysans et des bergers et qui se sont transformés en redoutables combattants. Leur chef, Pablo, est un individu qui tient plus du bandit de grand chemin que de la tête pensante politique. Il a néanmoins rejoint les rangs des républicains et a su se montrer d’une particulière férocité envers les fascistes. Un jour, dans un village « libéré » par ses hommes, il a rassemblé tous les sympathisants franquistes – ou supposés tels – dans la mairie, puis il les a faits sortir un à un, les a forcés à défiler au milieu d’une haie formée d’hommes décidés qui les ont battus à coups de fléau, pour ensuite les précipiter au bas d’une falaise, sans autre forme de procès.

Robert Jordan arrive donc au milieu de cette troupe hétéroclite dont il doit prendre le commandement, ce qui déplaît à Pablo. Tout sépare l’universitaire du bandit analphabète qui ne supporte pas de voir son autorité remise en cause. Quant aux hommes, ils respectent Robert Jordan qui les impressionne : il parle leur langue, il est instruit, il est expert dans le domaine des explosifs et a fait ses preuves au combat. De plus, la plupart d’entre eux, contrairement à leur chef, ont une conscience politique, et qu’un étranger soit venu défendre la cause de la République espagnole les impressionne favorablement. Ils appellent Robert Jordan Ingles, l’Anglais. Pour eux, Anglais et Américains, c’est du pareil au même.

Robert Jordan partage la vie de ces hommes et de ces femmes, car il y a deux femmes dans le groupe. L’une s’appelle Pilar ; elle est la compagne de Pablo, qu’elle estime à sa juste valeur, c’est-à-dire pas beaucoup. Elle règne sur la grotte qui sert de logis à la troupe, elle prépare les repas, elle est leur mère à tous. Elle sait désamorcer les conflits entre les hommes, et lit l’avenir dans la paume de la main. Elle a lu celui de Robert Jordan, et a posé un lourd regard sur le jeune Américain… En outre, elle veille sur une jeune femme, Maria.

Maria était prisonnière des franquistes, lesquels l’ont tondue et violée. Les hommes de Pablo l’ont tirée de leurs griffes lors d’une attaque de train et l’ont emmenée avec eux. Lentement, la jeune femme se reconstruit. La rencontre de Maria et de Robert Jordan va illuminer brièvement la vie de ces deux êtres qui vont s’aimer en soixante-douze heures autant que d’autres en dix ans.

Mais cet amour, comme tout ce qui se passe dans la grotte et autour de Robert Jordan, est aux couleurs de la mort. Celle-ci, omniprésente, obsède tous les personnages : non pas qu’ils la craignent, mais ils la savent inévitable et la préfèrent à la captivité et à la torture. Chacun demande à un ami de l’achever s’il est blessé, ce que Robert Jordan a d’ailleurs déjà dû faire pour l’un des siens, et il ne s’en est pas vraiment remis. La guerre qui l’entoure n’a rien de noble : elle est douloureuse, sanglante et cruelle – comme toutes les guerres.

La mort, il faut l’accepter comme l’aspirine quand on a mal à la tête ; c’est El Sordo qui dit cela. C’est un autre chef de bande, plus courageux et moins veule que Pablo. Lui aussi a rejoint les républicains, mais ses hommes et lui sont tués au cours d’un violent accrochage avec les franquistes, dont l’aviation les anéantit. Pablo, quant à lui, a décidé de s’opposer jusqu’au bout à Robert Jordan, et vole les détonateurs de la dynamite qui doit faire sauter le pont. L’attaque a néanmoins lieu, et le pont est détruit. Cependant, les pertes républicaines sont lourdes et malgré le retour de Pablo, qui est impressionné par le dévouement et l’engagement de Robert Jordan, les républicains doivent se replier. C’est à ce moment que Robert Jordan est grièvement blessé. Comme il est intransportable, il sait qu’il va mourir. Il refuse qu’on l’achève, fait ses adieux à Maria et à ses camarades, puis demande à ce qu’on le laisse là. Il s’installe posément derrière un pin, couché sur un épais tapis d’aiguilles. Il attend tranquillement, malgré la souffrance, que les soldats franquistes se présentent pour les abattre et protéger la retraite de ses camarades de combat.

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