Au bonheur des dames

par

Denise Baudu

L'autre protagoniste du roman est une jeune orpheline d'une vingtaine d'années qui a quitté son Valognes natal pour trouver de l'aide à Paris auprès de son oncle. Elle a à ses côtés ses frères : Jean et Pépé. Jean est un grand gaillard de seize ans dont la seule préoccupation est de courir les filles, ce qui a précipité le départ de Valognes ; jusqu'à son mariage, dans les dernières pages du roman, Jean fera preuve d'une irresponsabilité qui plongera plus d'une fois Denise dans la détresse. Mais Denise pardonne tout. Pépé, dont le lecteur ne connaîtra jamais le vrai prénom, est le bambin chéri de Denise, qu'il appelle « petite mère ». D'emblée le personnage est campé : elle est mère de substitution avant d'être femme ; le destin de la famille repose sur ses frêles épaules. Elle aurait grand besoin d'un soutien. Ce soutien, tout le monde le lui refuse.

Tout au long du roman, Denise reçoit les coups du sort – et ils sont nombreux – avec une constance étonnante. Elle est chétive, ses vêtements reflètent sa pauvreté. Elle ne sait pas dompter son opulente chevelure blonde. Bref, elle s'attire d'emblée les moqueries des femmes mieux au fait de la mode et de l'élégance ; quant aux hommes, c'est à peine s'ils la regardent. Cela change pourtant, quand le rire la transfigure : « Elle restait rose, et le sourire, sur sa bouche un peu grande, était comme un épanouissement du visage entier. Ses yeux gris prirent une flamme tendre, ses joues se creusèrent d'adorables fossettes, ses pâles cheveux eux-mêmes semblèrent voler, dans la gaieté bonne et courageuse de tout son...

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