Au bonheur des dames

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Résumé

En octobre 1864, Denise Baudu, jeune orpheline de vingt ans, fille de paysans de province, part s’installer à Paris avec ses petits frères Jean et Pépé. Elle a été informée par lettre il y a quelques mois de cela que son oncle Baudu se proposait de l’engager dans sa boutique de tissus « Au Vieil Elbeuf ». Seulement, les petites boutiques de sa rue sont sur le point de faire faillite à cause du magasin d’en face, « Au Bonheur des Dames ». C’est l’un des premiers magasins de l’ère du Second Empire, et le succès de ce commerce pionnier fait des ravages chez les petits commerçants. En effet, il propose quantité de produits, des vêtements surtout, à prix moindre que ses concurrents. Baudu a donc du mal à rentrer dans ses frais, et finalement il ne peut embaucher Denise.

Celle-ci va donc tenter sa chance Au Bonheur des Dames et réussit à obtenir un poste de vendeuse, avec le soutien discret du directeur Octave Mouret qui lui trouve un air charmant. Elle est également logée dans une chambre du magasin. Quant à Pépée, elle le met en pension chez une vieille dame, tandis que Jean dort chez leur oncle Baudu.

Octave Mouret se rend chez sa maîtresse Henriette pour y rencontrer le baron Hartmann et le persuader de financer le projet d’agrandissement de son magasin, concomitant au projet de faire passer une nouvelle rue devant le Bonheur des Dames.

Première journée de travail pour Denise : son allure et sa tenue trahissent le milieu social pauvre dont elle est issue ; il en résulte qu’elle est moquée par les autres employées. À la fin de la journée, pourtant fournie en matière de clients, elle n’a pas vendu un seul article. Denise va cependant se lier avec Pauline, une autre vendeuse du magasin, même s’il est interdit aux vendeuses de se parler pendant les heures de travail.

Croisant par hasard le directeur dans le magasin, Denise se sent immédiatement attiré par cet homme mystérieux, qui se montre très doux avec elle et lui octroie quelques conseils pour améliorer son apparence, et ainsi cesser d’être la risée des autres vendeuses. Cependant, chaque soir, elle se fait manipuler par Jean qui revient sans cesse réclamer de l’argent pour une soi-disant femme merveilleuse qui serait la femme de sa vie, rejouant presque tous les jours cette comédie et obtenant gain de cause grâce à l’amour que sa sœur lui porte.

Peu à peu sa paye du magasin ne suffit plus. Son amie Pauline l’accable de conseils pour trouver un amant, dont Denise ne tient pas compte. Pauline lui prête tout de même de l’argent pour continuer à tenir. Robineau, commis du Bonheur des Dames, se propose aussi de l’aider financièrement. Pour cela, il la paye à coudre des nœuds de cravate de nuit.

Mais Denise est renvoyée du Bonheur des Dames par l’adjoint tyrannique de Mouret, Bourdoncle, et ce contre la volonté du directeur, victime de son propre système de renvoi. En effet, pendant l’été, beaucoup de vendeuses sont renvoyées pour économiser, sur quelque prétexte que ce soit. Denise a simplement été surprise au magasin en train de parler à Jean venu lui réclamer de l’argent de manière impromptue, et Bourdoncle ne se doutant pas qu’il s’agit de son frère la licencie sur le champ, sans en référer à Mouret, parce qu’il suppose immédiatement en voyant Denise avec un jeune homme que ce dernier est son amant.

Denise loue alors un appartement avec Pépé chez Bourras, un petit commerçant lié à Baudu. Bourras vend des parapluies et offre un emploi à Denise par charité. Comme elle se sent une charge pour lui, Denise devient peu de temps après vendeuse chez Robineau qui, après avoir été licencié du Bonheur des Dames pour l’affaire des cravates, a repris une boutique du quartier. Pour la saison morte de l’hiver, Mouret voit les choses en grand : il fait venir quantité de gants et de fourrures en tout genre pour séduire le client. Son magasin réalise des recettes plus importantes que jamais. Au bonheur des dames prend ainsi plus d’ampleur au détriment des petites boutiques qui sombrent peu à peu dans la misère, notamment celles de Baudu et de Robineau. Pendant ce temps Denise se débrouille pour gagner son pain par de petits travaux.

Un jour, Denise croise dans la rue Octave Mouret qui se rend chez sa maîtresse. Il décide de retarder sa visite pour se promener avec elle, et c’est là qu’ils commencent à se sentir secrètement amoureux. Mouret lui propose de revenir Au Bonheur des dames. Se rendant compte que Robineau, étant donné le faible nombre de clients, n’a pas besoin d’elle, mais ne le lui dit pas, Denise accepte cette proposition, ce qui est considéré comme une trahison par son oncle Baudu, Robineau et Bourras.

L’été arrive et les travaux prévus par Mouret et le baron Hartmann se concrétisent : le magasin s’agrandit et une nouvelle rue passe juste à côté. La maîtresse de Mouret commence à soupçonner Denise d’être sa rivale quand le directeur la nomme au poste de seconde vendeuse. Bien qu’amoureuse d’Octave Mouret, elle refuse par timidité et fierté son invitation à dîner qu’elle reçoit par lettre. Cela étonne tout le magasin, et surprend Mouret lui-même qui tombe encore plus sous le charme de son employée. Henriette ne supporte pas de voir son amant s’amouracher de la jeune fille et concocte un plan avec Bouthemont et le baron pour prendre sur le fait Denise et Mouret. Mais pour l’instant Denise continue de résister aux avances de Mouret qui devient tyrannique envers ses employés, qui de leur côté diffusent de fausses rumeurs sur le compte de Denise, lui attribuant plusieurs amants.

Pendant ce temps le petit commerce se précipite vers la ruine : Baudu est contraint de fermer définitivement sa boutique, Robineau tente de se suicider et Bourras est mis à la rue par ses créanciers. Aucun d’entre eux n’accepte l’aide de Denise, la considérant désormais dans le camp ennemi.

À la fin du roman, Octave Mouret se décide à demander la main de Denise, qui voit son rêve romantique se réaliser : elle accepte alors de l’épouser, et se hisse ainsi vers les plus hautes sphères de la société bourgeoise de l’époque.

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