Au bonheur des dames

par

L'oncle Baudu

Cet oncle direct de Denise est un brave homme quele lecteur voit sombrer tout au long du roman. Drapier, il est propriétaire duVieil Elbeuf. Depuis des décennies, rien n’a changé dans la boutique sombre« aux allures de cave », « noire et vide », et Baudu entendque les choses demeurent ainsi. Le sort ne lui épargne rien : il voit sonfils spirituel, Colomban, trahir les espoirs qu’il plaçait en lui, puis safille Geneviève meurt, suivie de peu par sa femme. Enfin, son magasin estlentement asphyxié par le Bonheur des Dames.

Sa seule faute est d’être resté campé sur sespositions alors que l’évidence lui donne tort : c’est un brave homme maisà l’esprit immobile comme une borne. Quand on lui parle du Bonheur des Dames,il clame, en parlant de « ces grandes chabraques de maisons » :« Tout ça, ce sont des fantasmagories. Le commerce est le commerce, il n’ya pas à sortir de là. » Les pratiques de Mouret sont aux antipodes dessiennes : vendre peu et le plus cher possible. Le sort s’acharne et il nepeut échapper à la présence vivante de son tourmenteur et voisin, collé à lui,haletant et vibrant, lui volant jusqu’au sommeil, tandis que le Vieil Elbeufagonise.

 

Tout le quartier, Mouret y compris, sescréanciers même le prennent en pitié. Mais l’oncle Baudu a l’intelligencemoisie comme les murs de sa boutique et jusqu’au bout refuse l’évidence :«  Oh, je leur accorde qu’ils réussissent, mais c’est tout », dit-ilde ses concurrents. 

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