Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

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L’adolescence : entre insouciance et sagesse

L’adolescenceest présentée dans certaines nouvelles du recueil sous deux aspectscontradictoires. Dans Junior, cettepériode de la vie est décrite avec une teinte d’espoir et en illustrant laprise de risques inconsidérés caractéristique à cet âge. Dans Permission, nouvelle dont le titre durecueil est tiré, l’auteure peint une adolescence désabusée parce queconfrontée très tôt aux réalités de la vie, mais pas incapable de bonheur. Dansles deux cas, l’écrivaine insiste sur l’innocence de cet âge et sa capacité àopérer aisément une alchimie entre le présent et ce qu’on peut en attendre.

Junior,malgré la crainte que lui inspire la réaction anticipée de ses parents, selivre avec la complicité de son ami à des folies qu’il ne regrette pas. Dans Permission, le personnage principal n’a deson côté pas du tout peur de sortir avec la copine de son frère. L’auteureprésente donc de jeunes gens insouciants et qui ne réfléchissent pas sur lelong terme. L’issue de la nouvelle Juniorsouligne la nonchalance de jeunes hommes qui savent facilement se déconnecter dela responsabilité de leurs actes : « Nosdeux compères marchent le long de la route, la veste de smoking jetée surl’épaule. Il n’y a rien à dire. De toute façon, au point où en sont les choses,ce n’est même plus la peine de penser non plus. » Les deux jeunes gensterminent en évoquant une « blonde à gros nichons », montrant là unsens des réalités bien à eux et une légèreté enviable. Au milieu de la naturedécrite, devant ce soleil qui se lève comme à l’accoutumée, l’immuabilité de laterre dans son ensemble, la Jaguar défoncée paraît bien peu de chose, et les deuxjeunes gens paraissent validés par l’auteure – car tout se termine sur unsourire – quand ils savent détourner leur attention d’un événement pour lequelon ne peut plus rien, en faveur des joies de la vie, et d’un carpe diem qui semble plus accessible àcertains âges.

L’issuefavorable de Permission illustre etsuggère la simplicité et la légèreté avec laquelle le bonheur peut seconstruire : « Elle souriaittoujours et s’attachait de la ficelle rouge autour de la taille. Je me suislevé d’un coup. – Hé t’emballe pas, je lui ai dit. Et en même temps que jelui disais ça, je me demandais si “t’emballe pas” ça voulait dire : ne tecouvre pas la peau ainsi, laisse-la moi, je t’en prie. »

Sontainsi présentés de jeunes gens qui n’ont pas encore été trop heurtés par lavie, capables de se délecter de bonheurs simples, et de mettre de côté lescôtés les plus sombres de l’existence, comme déjà informés de l’impuissance del’homme à tout maîtriser, et donc porteurs d’une certaine sagesse, qui peuts’oublier avec les années.

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