Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

par

Petites pratiques germanopratines

La narratrice raconte sa rencontreavec un homme boulevard Saint-Germain. Alors qu’elle se promène, elle croise leregard d’un homme qui la détaille, ce qui lui fait penser au poème deBaudelaire « À une passante ». Après lui avoir souri mais sanss’arrêter pour lui parler, elle continue son chemin pendant quelques mètres.C’est lui qui la rattrape et l’invite à dîner le soir même. La narratrice luirépond que c’est un peu rapide, mais il parvient à la convaincre :« Voilà une femme que je croise dans la rue, je lui souris, elle mesourit, nous nous frôlons et nous allons nous perdre ». Elle lui demandecependant de lui donner une seule bonne raison d’accepter son invitation.L’homme prend sa main et la passe sur sa joue mal rasée : la bonne raisonest qu’il devra se raser pour aller dîner, et qu’il sera beaucoup plusséduisant ainsi. Ce mot convainc la narratrice qui accepte un rendez-vous pourle soir même, à neuf heures.

La journée, la narratrice est trèsnerveuse en attendant son rendez-vous, se sent comme une « arroseusearrosée ». On apprend qu’elle est iconographe dans une maison d’édition.Elle décide même d’arriver en retard pour se faire désirer et entre dans unbar, le Chiquito. En regardant les courses de chevaux, elle hésite à rester toutela soirée ici, à lire, mais elle se ressaisit et sort pour retrouver l’inconnu.Il l’attend et a eu peur qu’elle ne vienne pas.

Ils se rendent dans un endroit quel’homme aime bien ; la narratrice craint qu’il ne s’agisse d’un restaurantoù il emmène toutes ses conquêtes, mais il s’agit seulement d’un bistro normal.Ils boivent un grand vin et mangent des plats délicats ; l’ambiance estromantique, les deux personnes sont émues. Mais soudain le portable de l’hommesonne, il est très désorienté et s’excuse. Il craint que cela ne gâche tout,mais la narratrice lui pardonne. Le dîner reprend, et après le dessert, l’hommeen profite pour embrasser la nuque de la narratrice ; elle embrasse sonmenton. « Le café, l’addition, le pourboire, nos manteaux, tout cela n’estplus que détails, détails, détails. Détails qui nous empêtrent. Nos cagesthoraciques s’affolent. »

Au moment où l’homme aide lanarratrice à remettre son manteau, lorsqu’il frôle ses épaules et s’apprête àla raccompagner chez elle pour continuer leur histoire, il trouve le moyen deregarder discrètement son portable, et de lire le message qu’il a reçu. Cegeste brise le cœur de la narratrice ; elle remet son manteau et sort pourprendre un taxi. L’homme est affolé mais ne comprend pas : il lui demandequand ils vont se revoir, et lui donne même son numéro de téléphone, disantqu’on peut le joindre n’importe quand. Devant l’ironie de la situation, lanarratrice s’enfuit et se promet de ne plus jamais accepter de rendez-vousdonnés par des inconnus. 

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Petites pratiques germanopratines >