Les contes de la Bécasse

par

Ce cochon de Morin

C’est l’histoire du dénommé Morin, mercierrochelais, et des conséquences d’un voyage mêlant affaire et plaisir qui lemène à Paris en 1862 ou 63. Les mœurs plus libérales de la capitale l’émoustillentet, dans cet état, il prend un billet de retour pour La Rochelle quand,déambulant plein de regrets amoureux, il aperçoit une jeune beauté blonde dedix-neuf, vingt ans, qui monte à bord du même train que lui. Il la suit jusqu’àun wagon vide où il s’assoit avec elle. Pendant qu’elle dort, il fantasme. Auxpremiers rayons du soleil, « elle s’éveilla, s’assit, regarda la campagne,regarda Morin et sourit ». Ce dernier prend le sourire pour une invitationet se jette sur la jeune fille pour l’embrasser. Elle crie au secours, ce quiattire l’attention d’employés du chemin de fer. Morin est arrêté et tombe sousle coup d’une poursuite judiciaire. De retour à La Rochelle, Morin va demanderl’aide de son ami, M. Labarde, le rédacteur en chef du Fanal des Charentes. Celui-ci accepte, consulte un collaborateur dunom de Rivert et tous deux finissent par aller plaider la cause de Morin auprèsdes Tonnelet, l’oncle et la tante d’Henriette Bonnel, la jeune fille enquestion, puisque l’oncle a porté plainte. Au moment où les deux hommesarrivent, l’absence de la tante se traduit par une invitation de l’oncle àpasser la nuit sur place. Labarde finit par séduire la jeune fille et parpasser une bonne partie de la nuit avec elle. Quand la tante arrive lelendemain, la poursuite est abandonnée et les deux hommes rentrent à laRochelle. Malgré l’heureux dénouement, Morin se fait traiter de cochon jusqu’àsa mort. Quant à Labarde, il revoit Henriette Bonnel, par inadvertance, quandil va voir pour des raisons politiques Me Belloncle, dont elle estl’épouse. Ce dernier le remercie avec effusion d’avoir agi avec délicatesse« dans l’affaire de ce cochon de Morin ». 

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