Les contes de la Bécasse

par

Pierrot

L’histoire de Pierrot commence par le vol d’une douzaine d’oignons dans le jardin de Mme Lefèvre, « une dame de campagne, une veuve, une de ces demi-paysannes à rubans et à chapeaux falbalas ». Mme Lefèvre, rustre malgré ses velléités de grandeur, habite en Normandie avec sa servante Rose, « une brave campagnarde toute simple ». Un voisin leur recommande d’acheter un chien. Or Mme Lefèvre, d’accord sur le principe d’avoir un chien, s’inquiète de ce que la nourriture du chien lui coûtera, car elle est d’une grande parcimonie. Rose, qui aime les animaux, réussit à convaincre sa maîtresse : elles auront donc un chien, « un tout petit chien ». Les deux femmes recueillent « un roquet immonde qui ne coûtait rien » dont un des clients du boulanger veut se débarrasser : Pierrot. Même s’il mange à la maison et qu’il est un piètre gardien, Mme Lefèvre s’y attache et lui donne « de sa main, de temps en temps, des bouchées de pain trempées dans la sauce de son fricot ». Or cette année-là, les propriétaires de chien doivent payer un impôt, qui s’élève à huit francs pour Pierrot. C’est son arrêt de mort : il sera lancé vivant dans l’entrée d’une carrière d’argile, un puits d’une vingtaine de mètres. C’est là que sont abandonnés les chiens des environs, et il arrive que deux chiens s’y retrouvent en même temps, ce qui occasionne des luttes à mort. Mme Lefèvre et Rose amènent elles-mêmes Pierrot au puits où ne se trouve aucun autre chien. Rose le laisse glisser et le chien se fait mal. Les deux femmes s’enfuient mais cette nuit-là, Mme Lefèvre fait une série de cauchemars où figure Pierrot. Les quatre francs que le puisatier lui demande pour repêcher Pierrot scellent le sort de l’animal. Rose et Mme Lefèvre vont plutôt aller nourrir le chien tous les jours jusqu’au matin fatidique où elles entendent le jappement d’un chien...

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Dissertation à propos de Les contes de la Bécasse