Les contes de la Bécasse

par

Un normand

 Lanarration d’Un normand a pour cadreles alentours de Rouen. Un jeudi, alors que le narrateur contemple depuis lecompartiment d’une voiture à cheval le paysage urbain rouennais, son compagnon,originaire de l’endroit, lui propose d’aller rencontrer le père Mathieu,« le plus beau Normand de la province », et d’aller voir sa chapelle.Ancien sergent-major, le père Mathieu a acquis une chapelle miraculeuse, placéesous la protection de « Notre-Dame du Gros-Ventre », patronne desfilles enceintes. Pour arrondir ses fins de mois, il vend des statuettes desaints qu’il sculpte lui-même et fait office de consultant, car il recommandele saint qui répondra le mieux au besoin exprimé. L’autre réussite du pèreMathieu, c’est le saoulomètre, qu’il a inventé pour mesurer ses degrésd’ivresse avec une précision scientifique. Les deux compagnons de voyageatteignent leur destination où ils sont accueillis par le père Mathieu et sonépouse Mélie, d’abord récalcitrante. Après un déjeuner somptueux, émailléd’anecdotes miraculeuses et de cidre, deux vieilles femmes viennent acheter unestatue de saint Blanc, car le jeudi est journée de consultation. Mélie rappelleau père Mathieu qu’il en a utilisé le dernier exemplaire pour boucher un troudans la cage à lapins. Les deux femmes suivent le père Mathieu et se prosternentimmédiatement en voyant la statuette crottée. Le père Mathieu leur fournit unebotte de paille en guise de prie-Dieu, nettoie le saint, et retourne auprès deses convives à qui il apporte plus de cidre : « Allons, buvons encoreun coup. Avec des amis, y n’faut pas y aller à moins de cinquante ; et j’n’ensommes seulement pas à trente-huit. »

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