Les contes de la Bécasse

par

Le portrait réaliste d’une population

Dans les Contes de la bécasse, Maupassant s’attache à décrire la société normande à travers la personnalité qui caractérise chacun des personnages, exacerbant la qualité ou le défaut qui va faire surgir l’élément perturbateur : avarice, rudesse, jalousie, sensualité, malice… Cette psychologie est décrite sans aucune critique sociale ou portrait dépréciatif. Toutes les classes sont confondues, l’auteur ne privilégie ni les paysans ni les bourgeois en particulier mais le type normand en général. Sont présents marins, aristocrates, paysans, fermiers, personnalités politiques, Prussiens… Cependant, parmi cette diversité dépeinte sans la moindre critique idéologique ou sociale, Maupassant montre toutefois que l’espèce humaine semble habitée d’une certaine vocation pour l’immoral, que rien ne peut la faire se racheter. Ainsi, ses nouvelles sont pleines d’un pessimisme marqué devant la fatalité et l’ironie de la vie ; lorsqu’un malheur survient, il est toujours narré au centuple : mort non pas d’un mais des deux cochons dans Saint-Antoine, ingratitude poussée à l’extrême de Charlot… Maupassant jette une prose glaciale et décapante sur cette dimension de la vie, laquelle semble vouée aux pires anéantissements sous sa plume. Sensible au pessimisme de Schopenhauer, Maupassant utilise des thèmes réalistes et frappants : guerre contre la Prusse, violence et vision difficile de la condition féminine, mais également affaires familiales compliquées, aventures extraconjugales et misère… Le cadre normand participe à ce pessimisme : les fermes normandes qu’il montre ne sont pas là pour donner un ton bucolique et champêtre au récit, mais pour en exacerber les dimensions fangeuses et miséreuses.

Inscrivez-vous pour continuer à lire Le portrait réaliste d’une population >

Dissertation à propos de Les contes de la Bécasse