Les Hauts de Hurlevent

par

Hindley Earnshaw

Cetriste individu est peut-être le moins sympathique de tout le roman. Violent,injuste, ivrogne et faible, tel est le frère de Catherine. Sa haine enversHeathcliff éclate dès l’arrivée de celui-ci dans la maison. Ce sentimentpourrait s’adoucir quelque peu avec le temps, mais il n’en est rien, aucontraire. Il est vrai que le comportement de Earnshaw père, qui favoriseouvertement Heathcliff, n’arrange rien. Cela dit, le garçon n’est pas négligéet reçoit une bonne éducation : il est instruit et voyage même un peu.Toujours est-il que lorsque le patriarche meurt, Hindley devient le maître desHauts, et son courroux s’abat immédiatement sur Heathcliff, qu’il ramène aurang de garçon de ferme. Il ne perd pas une occasion de l’humilier, et il estcertain que la haine inextinguible de Heathcliff envers les Earnshaw et lesLinton trouve là son origine. Il se marie avec une gracieuse créature, Frances,qui meurt jeune, après lui avoir donné un fils, Hareton.

Àpartir de ce moment, le peu sympathique Hindley devient abominable. Sonindéniable chagrin s’exprime par des malédictions impies et une colère permanentequi s’abat sur les domestiques, qui fuient la maison. De fait, seuls Joseph etNelly supportent ce régime. Il traite bien mal le petit Hareton, et sombrebientôt dans l’alcoolisme. Ne manque plus qu’une dernière faiblesse pourcompléter ce triste portrait : le jeu. Hindley joue, de façoninconsidérée, et quand Heathcliff reparaît aux Hauts, c’est pour devenir lecompagnon du maître des lieux, qu’il pousse à jouer, et à perdre. Pour épongerses dettes de jeu, Hindley hypothèque terres et maison, et le prêteur n’estautre que Heathcliff. Cela fait qu’à la mort de Hindley, Heathcliff se trouvelégalement le maître des Hauts de Hurlevent.

Lesderniers mois de Hindley sont lamentables : il hait Heathcliff, mais n’apas le courage de l’affronter et le tuer. Il sombre dans la dépression et lafolie, l’esprit ravagé par l’alcool. Il meurt, ruiné, « fidèle à sonpersonnage : ivre comme un lord », à l’âge de vingt-sept ans. Sonépitaphe pourrait être ce jugement de Nelly : « Hindley, avec unetête en apparence plus forte, s’est montré pitoyablement inférieur et plusfaible. Quand son vaisseau a touché l’écueil, le capitaine a abandonné sonposte. »

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