Les Hauts de Hurlevent

par

Joseph

Josephest domestique aux Hauts de Hurlevent. C’est le seul domestique qui a laconstance de supporter les humeurs des maîtres successifs, pourtant tous plusdétestables les uns que les autres. Il est vrai que Joseph lui-même est un êtreodieux.

Confiten dévotion, il ne jure que par la Bible, et considère que les mots« sourire » et « joie » devraient être bannis duvocabulaire. Il accompagne cette bigoterie d’une terrible sécheresse decœur : rien ne le réjouit plus que de dénoncer Catherine et Heathcliffenfants quand ils ont commis le péché de se comporter comme ce qu’ilssont : des enfants. Quand Heathcliff devient maître des Hauts, le prudentJoseph ne s’oppose pas à lui. Il continue à servir, à maugréer, et à promettrel’enfer à quiconque ne suit pas la lettre de la Bible. Le lecteur remarquequ’il réserve ses piques les plus perfides aux femmes – pécheresses denaissance – qui ont le malheur d’épouser un des hommes des Hauts. Le seul quisemble trouver un peu grâce à ses yeux est Hareton, car après tout, il devraitêtre le maître, et il incarne la vraie lignée des Earnshaw.

EmilyBrontë, fille de pasteur, règle à travers Joseph un compte avec les zélotesobtus qu’elle n’a pu manquer de croiser. Être chrétien n’est pas suivre laBible à la lettre, mais essayer de faire sien l’esprit du Christ, et Joseph estaux antipodes de cela. Ce serait une erreur de voir en Joseph un portrait dePatrick Brontë, le père d’Emily : ce fut un homme brillantintellectuellement qui éleva ses enfants dans un esprit d’ouverture etd’émulation intellectuelle, bref le parfait contraire de Joseph.

Terminonsen précisant qu’Emily Brontë fait s’exprimer Joseph dans un langagevernaculaire authentique qui ancre le personnage dans la campagne du Yorkshire.Ses imprécations sont très difficiles à comprendre en anglais, et la traductionles rend plus accessibles que ne le fait le texte original. Il faut se figurerl’accent épais d’un valet de ferme du Yorkshire pour décrypter les malédictionsde Joseph : « Oh Lord, judge ’em, for there’s norther law nor justiceamong wer rullers ! », en d’autres termes : « Oh Seigneur,jugez-les, car y a point d’loi ni point d’justice en ce monde ! »

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