Pot-Bouille

par

Les Pichon

Ce sont les voisins de palier d’Octave.

 

Marie Pichon a « la figure plate, lescheveux rares, avec des traits fins et jolis pourtant. » Fille de petitsbourgeois bornés, M. et Mme Vuillaume, qui l’ont élevée dans l’ignorance dumonde, elle rougit violemment dès qu’une émotion la traverse. Cependant, c’estavec une totale indifférence qu’elle devient la maîtresse d’Octave. Toujourselle garde pour lui « les lèvres froides » et la fin de leur aventurela laisse de marbre. Elle ne semble éprouver que de la contrariété devant safillette Lilitte, puis devant les deux autres enfants auxquels elle donnenaissance. Cette fleur de serre chétive ne vibre qu’à la lecture de romans,pourvu qu’ils traitent d’amour. Elle n’aime pas Balzac : « çaressemble trop à la vie. »

Jules Pichon, son mari, est un petit employésans ambition. « Il était grand, maigre, l’air dolent, plié déjà à la viemécanique de bureau, ayant dans ses yeux la résignation hébétée des chevaux demanège. » Sa vie est terne comme son esprit.

Bien qu’entretenant une liaison avec Marie,Octave essaye de les attacher l’un à l’autre, tente de donner quelque couleur àla vie de ce couple gris : il les emmène au restaurant, au spectacle. Endéfinitive, les Pichon auront deux enfants de plus : une fillecertainement engendrée par Octave, puis une autre fille. Non seulement ilsn’ont pas les moyens d’entretenir une famille aussi nombreuse, mais encore lefait que ce soit des filles les obligera à les doter lors d’un mariage, ce quiest hors de leur portée. Ce couple tranquille et sans histoire s’acheminedoucement vers un avenir catastrophique.

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