Pot-Bouille

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Résumé

Nous sommes à Paris, aux alentours de 1860.Octave Mouret a environ vingt-deux ans, il arrive de sa Provence natale. Il estsoigné, élégant, et veut faire carrière dans la capitale. C’est un calicot –c’est-à-dire encore un simple commis –, mais il possède un atout qui devraitlui assurer une belle ascension : un charme qui ensorcelle toutes lesfemmes. Il séduit, il enjôle, et souvent il conquiert. Il est un habitué dessuccès féminins, mais c’est seulement à Marseille et dans son Plassans natalqu’il a pour l’instant exercé son art de la séduction.

Il va loger dans un immeuble bourgeoistypiquement parisien, dont les occupants sont on ne peut plus respectables, dumoins en apparence. En effet, Octave va découvrir l’envers du décor, et verraque derrière l’austère respectabilité du bâtiment se cachent des combinaisonssordides, des secrets d’alcôve mal tenue, des mensonges aux relents descandale, un pot-bouille – bouillon fait avec les restes – au fumet peuengageant.

Octave va être logé dans cet immeuble grâce àun « pays », l’architecte Achille Campardon, marié à Rose, une femme toujoursdolente, qui souffre d’une étrange maladie jamais nommée. L’homme se console doncavec Baptistine, que l’on surnomme « l’autre Madame Campardon », etils forment un ménage à trois apparemment toléré, car discret. Au fur et àmesure de son installation et des présentations aux uns et aux autres, Octavefait la connaissance de familles bourgeoises et respectables, minées pourtantpar des secrets souvent peu avouables.

Il y a d’abord le propriétaire de l’immeuble,monsieur Vabre, qui habite chez son gendre et sa fille, les Duveyrier, aupremier étage. Un autre de ses enfants, Auguste, qui habite juste au-dessus,est célibataire et sujet à de fortes crises de migraine. Au deuxième étagehabite aussi une famille peu estimée des autres occupants de l’immeuble, car sesmembres ne fréquentent personne de cette honorable société. De plus, l’homme dela famille exerce un étrange et peu recommandable métier : il écrit deslivres. Bref, ce ne sont pas des gens comme il faut. Il y a aussi la jolie MmeJuzeur, la voisine des Campardon, au troisième étage. Est-elle mignonne,est-elle touchante ! Cette vertueuse bourgeoise n’a pas de plus grandplaisir que de séduire et se laisser séduire, mais elle ne cède jamais. Et auquatrième étage habite Octave. Il a pour voisins deux familles : lesJosserand et les Pichon.

Les Josserand sont des bourgeois peu argentés,qui vivent dans une gêne constante. Le père adore ses filles, et ne sait rienleur refuser. Alors, pour qu’elles complètent leur garde-robe et renouvellentleurs vêtements usés, il travaille chez lui des heures durant à des travauxabrutissants – il trace des lignes sur des feuilles de papier – et sarécompense est le sourire de ses écervelées de filles, Hortense et Berthe.Celles-ci ont une seule ambition dans la vie : trouver un mari. Pour cela,elles opèrent sous les ordres de leur redoutable mère, qui les envoie en soiréecomme à la chasse. Mme Josserand harcèle son mari de reproches, lui reproche samédiocrité, et essaie de soutirer quelque argent à son riche frère, NarcisseBachelard, un vieux viveur ivrogne et dégoûtant. La famille est complétée parSaturnin, frère d’Hortense et de Berthe, malade mental que l’on cache et dontseule Berthe arrive à maîtriser les crises de violence.

Les Pichon sont bien moins bruyants. Le mariest terne et travaille au dehors. La femme, Marie, est gentille et effacée ets’ennuie doucement en élevant sa fille. Ils reçoivent parfois les parents deMarie, deux solennels personnages pour qui la pire des catastrophes serait lanaissance d’un deuxième enfant du couple. Octave va prendre ce petit couple enamitié, mais fera aussi de Marie sa maîtresse, laquelle cède par ennui plus quepar passion.

Puis vient le cinquième étage. Là sont logéesles domestiques : femmes de chambres, cuisinières. Plus de respectabilitéqui tienne : les secrets des familles sont étalés au grand jour, commentésavec grossièreté et méchanceté, au milieu des odeurs d’eau de vaisselle. C’estla face cachée de l’immeuble, celle que l’on ne doit pas montrer.

Et puis il y a quelques logements sous lestoits, pour les pauvres : une misérable piqueuse de bottines et un coupled’ouvriers. Inutile de dire qu’ils ne sont pas intégrés à la communauté del’immeuble ; on les ignore. Il n’y a que le concierge, monsieur Gourd, quis’aperçoit de leur présence, mais seulement pour les réprimander. MonsieurGourd apparaît comme le garant de la respectabilité de l’immeuble.

Octave travaille dans une boutique proche del’immeuble, appelée Au Bonheur des Dames. La patronne en est Mme Hédouin, unefemme belle et froide qu’Octave brûle de conquérir. Lorsqu’il tente sa chance, ellele remet cependant froidement à sa place.

Quelque temps plus tard, Berthe Josserandparvient à épouser Augustin Vabre, le fils du propriétaire. Mme Josserandexulte, mais pas Berthe car son migraineux mari se révèle fort ennuyeux, et peuenclin à assumer les dépenses de toilette de sa femme. Alors celle-ci se tournevers Octave dont elle devient la maîtresse. Enfin, ça y est, Octave a séduitune Parisienne ! Mais l’affaire finira par se savoir, et le scandale estsur le point d’éclater quand le propriétaire, M. Vabre, meurt. De sordidesconflits d’intérêt éclatent alors dans la famille, auxquels se mêle MmeJosserand. Monsieur Josserand, qui s’était tenu à l’écart des combinaisonslouches de sa femme, notamment de l’affaire de la dot de dix mille francsjamais versée après le mariage de Berthe, ne peut plus les ignorer, et meurt dechagrin.

Et malgré ces remous, malgré ces peureluisantes affaires, le bel immeuble haussmannien garde son lustre et sarespectabilité. Les enterrements sont dignes, on chasse les locataires qui nesont pas assez respectables, on ferme les oreilles aux ragots des domestiques,et monsieur Gourd veille sur le calme retrouvé. Octave quitte l’immeuble, etpersonne ne le regrette. Plus tard, il épousera Caroline Hédouin, devenueveuve.

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