Bouvard et Pécuchet

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Bouvard et Pécuchet

Il est difficile de les étudier séparémenttant ils sont liés. Il est très rare que l’on voie l’un sans l’autre. Ils sontdifférents et complémentaires. Qu’on les sépare, et ils redeviennent lesbonshommes qu’ils étaient avant de se rencontrer, transparents, presqueinvisibles. Leur rencontre, qui va leur permettre de s’épanouir et de libérerleur force intellectuelle, est une forme de seconde naissance. C’est le hasardqui détermine la rencontre des deux hommes, au cœur de l’été 1838. Ladescription qu’en trace Flaubert est remarquable :

« Deuxhommes parurent.

L’unvenait de la Bastille, l’autre du Jardin des Plantes. […]

Quandils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s’assirent à la même minute surle même banc. »

On croirait voir deux acteurs entrer surscène, l’un côté cour, l’autre côté jardin. Le lecteur voit les deuxhommes silencieux, animés d’un même mouvement, qui s’assoient en même temps surle même banc. Comment ne pas penser à ces automates qui, animés par unemécanique précise, se meuvent de concert ? C’est à croire que toute la vieque ces deux hommes ont connue avant cette minute avait pour objectif de lesamener sur ce banc, à cette même minute, afin que commence la deuxième partiede leur existence.

Ils vont parler, se découvrir une fouled’opinions communes, une quasi-gémellité d’esprit. Ils ne vont plus se quitter,pendant des années. Bouvard et Pécuchet est l’histoire d’une grandeamitié. Comme le constate Flaubert : « L’union de ces deux hommesétait absolue et profonde. »

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