Bouvard et Pécuchet

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Résumé

Bouvard et Pécuchet, dernier roman inachevé de Flaubert, est l’histoire de deux hommes tout à fait ordinaires qui se rencontrent sur un banc, le long d’un boulevard de Paris, en plein été. Il se trouve que tous deux vivent seuls ; l’un est célibataire, l’autre veuf sans enfants. Refusant de se quitter à la fin de leur rencontre, ils décident de dîner ensemble. Ils découvrent alors avec un grand étonnement qu’ils sont tous deux copistes et qu’ils ont plusieurs centres d’intérêt communs.

Les deux compères deviennent rapidement de grands amis et prennent l’habitude de dîner ensemble tous les jours. Ils se livrent à des promenades dans Paris, comme des touristes, se font passer pour des Anglais en visitant avec émerveillement les grands musées. Leurs promenades sont si agréables qu’ils se décident à sortir de Paris pour visiter la campagne. Leur travail de bureau leur devient odieux et ils décident de changer de métier : l’un se voit saltimbanque, l’autre chiffonnier.

 Il arrive que Bouvard hérite de son oncle, qui était en fin de compte son père. Il décide d’utiliser son héritage pour se retirer à la campagne avec son grand ami Pécuchet. Malgré de longs mois de recherches, ils n’arrivent pas à décider dans quel coin de campagne s’installer. Finalement, après beaucoup d’hésitations, ils achètent une ferme et une maison dans le Calvados, non sans mal, car Pécuchet doit puiser dans ses économies pour aider à payer la totalité de la propriété. Leur voyage pour y parvenir est harassant. Malgré la fatigue, ils sont tentés de visiter la ferme dès leur arrivée, en pleine nuit.

 Sur place, ils découvrent la campagne et ses divers habitants avec émerveillement. Ils font d’abord une forte impression à leurs domestiques, Germaine la servante et monsieur Gouy, le gérant de leur propriété, qui accordent crédit à leurs propos. Mais très vite, devant les différentes erreurs de leurs employeurs, ils commencent à se moquer d’eux. Les deux amis sont enthousiasmés par leur nouvelle situation, et après avoir visité les différentes parties d’une ferme du voisinage avec satisfaction, ils entreprennent de se documenter et de fréquenter notamment les foires locales. Ils veulent se mettre au travail immédiatement et prennent leur repas le plus vite possible. Ils s’attaquent aux travaux de jardinage, puis aux travaux de la ferme en général.

 Les deux amis connaissent une première mauvaise expérience avec la culture de légumes (aubergines, navets, brocolis, artichauts, etc.) et de fruits (melon). Cependant, loin de se décourager, ils se tournent vers les fleurs ; à nouveau cette culture leur sourit peu. Ils ne tardent pas à s’intéresser à la plantation d’arbres… encore une déception. Toujours optimistes, sans douter un seul instant de leur réussite, mais sans faire preuve d’aucune logique, les deux héros tentent d’en apprendre davantage surla prévision du temps ; ils se mettent à observer les nuages, à utiliser des thermomètres et des baromètres, mais encore une fois sans grand succès dans leur entreprise. Convaincus qu’ils doivent gagner en savoir pour espérer obtenir de meilleurs résultats, Bouvard n’hésite pas à dépenser l’argent qui lui reste. Multipliant les expériences, toujours en quête de réussite, les deux compères n’ont laissé de côté aucun domaine de la ferme : ils se sont aussi intéressés à la production de fumier, aux bœufs, aux cochons, aux moutons. Leur tentative pour fabriquer de la bière est un échec ; en boire les a même rendus malades.

 Ayant épuisé les expériences qu’ils pouvaient faire dans tous les différents domaines de leur ferme, leur curiosité les amène à s’intéresser à la cuisine. Ils s’essaient alors à différentes recettes, s’attaquent même dangereusement à des expériences de distillation de liqueurs. Pour augmenter leurs chances de succès, ils décident d’apprendre la chimie à travers des ouvrages et en demandant de l’aide au docteur Vaucorbeil, lequel leur fait aussi découvrir l’anatomie. Considérant que la science et le savoir n’appartiennent pas à un seul homme, ils sont régulièrement en relation avec des personnes détentrices de différents savoirs et ils se lancent le défi d’apprendre la pharmacie et la médecine en se procurant notamment des livres sur la physiologie. Il ne tardent pas à concurrencer le docteur Vaucorbeil dans son domaine en menant diverses expériences sur des chats, des chiens, des pigeons, avant de donner des consultations à des patients humains.

 Leur soif de savoir ne tarde pas à les pousser à s’intéresser aux mystères de l’astronomie ; les deux amis se posent d’innombrables questions sur l’univers, son origine, l’avenir de l’homme, des questions qui demeurent sans réponses. Ils remettent en outre en question des textes de la Genèse, se posent des questions sur ses formulations. Ils se montrent toujours ébahis devant les merveilles et les beautés de la nature, n’hésitant pas à tenter des expériences de reproduction contrenature entre animaux ; mais c’est la géologie et les fossiles qui les intéresse le plus. En fait, tout les intéresse ! Les fouilles archéologiques de l’ère antique, les sciences naturelles, sans oublier l’histoire de France, sa littérature, le théâtre – les comédies, les tragédies – tout !

Ils s’intéressent ensuite à la politique avant de penser à prendre soin de leur forme physique… Ils essaient alors de pratiquer la gymnastique, mais assez vite ils se rendent compte que la gymnastique ne convient pas à des hommes de leur âge. Ils tentent ensuite de comprendre l’amour, encore une fois, sans grand succès. Ils se tournent vers la philosophie, se posent beaucoup de questions, s’interrogent sur l’existence de Dieu, consultent des œuvres de Voltaire, Bossuet, Fénelon, mais finalement ils se rendent compte que la philosophie les ennuie. Attirés par l’Antiquité, ils transforment leur maison en musée, et terminent leur quête de savoir par l’éducation et la religion.

 Toutes leurs entreprises aboutissent à des échecs ;cependant, leur savoir et leur intelligence croissent malgré tout. Loin d’être des imbéciles, ils sont devenus plus lucides et demeurent optimistes et positifs jusqu’au bout. Ils ont pris goût à l’expérience d’autodidactes et ont exploré, bien que maladroitement, tous les domaines du savoir. N’ayant plus rien à explorer, ils retournent néanmoins finalement à leur métier de copistes.

Le roman, profondément ironique, dénonce la prétention des hommes qui veulent tout savoir, mais n’arrivent finalement à rien.

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